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Bataille à Seattle Partagez cet article sur Facebook

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Vendredi soir, glandouille à la maison, les filles sont parties, il ne reste que mon colocatataire. On décide donc de regarder Bataille à Seattle.

Ce film est une fiction basée sur les faits s’étant déroulés lors du sommet de l’OMC en 1999 à Seattle, et 10 ans après, ça tombe pas mal de faire un point (le film est de 2008). Le ton est globalement pro-alter-mondialiste mais le réalisateur (Stuart Townsend) se place à tous les points de vue : manifestants, police, pouvoirs publics, ONG et gouvernements de pays du tiers monde prenant part aux débats de l’OMC, média. Même si orientée, l’histoire n’est pas manichéenne à la sauce américaine, on imagine bien la merde dans laquelle est le maire et la tension que doivent gérer les flics.

Coté ONG, on suit un représentant de Médecin Sans Frontière qui veut expliquer à tous les dirigeants de ce bas monde que la recherche du profit ne devrait pas entraver l’accès aux médicaments dans les pays du tiers monde. Il se retrouve à parler à un mur et on comprend pourquoi la situation ne change pas depuis (ou on ne comprend pas, c’est au choix).

Concernant le maire de Seattle, on s’aperçoit vite de la galère dans laquelle il se fourre dès le départ : vouloir laisser la paroles à des dizaines de milliers de manifestants pacifistes et éviter tout débordement. Forcément, les manifestants paralysent la ville et des casseurs commencent à faire dégénérer la situation si bien que la police rentre en action.

La police est peut-être la plus violemment dépeinte. Dès que leur laisse est lâchée, les flics tabassent et gazent à tout-va, arrachant les masques des manifestants pour ne pas en laisser un s’en tirer indemne. Seul un des policiers est montré comme une brute avec des sentiments (de la à dire avec un cerveau, le film ne le laisse pas entendre).

Le film aborde aussi la désinformation constante quand la majorité des média est détenue par des sociétés cibles des manifestations. 20 000 manifestants pacifistes empêchant des débats d’avoir lieu sont effacés simplement par une poignée de casseurs qui prennent la place dans l’actualité.

Finalement, la vision des manifestants m’a laissé un peu le cul entre deux chaises. Ils sont si petits face à l’OMC et pourtant si combatifs. On les plaint dans leur combat perdu d’avance et en même temps, on les envie dans leur abnégation. Convictions et doutes qu’ils ressentent eux-mêmes tout au long du film. Et puis finalement, petit à petit, ils arrivent à agir, leur coup d’épée n’atterrit pas dans l’eau.

Même si le sommet de l’OMC n’est pas retracé objectivement, même si c’est un film, même si en lui-même, il n’apporte qu’une petite pierre au combat pour la liberté d’expression et l’alter-mondialisme, c’est encore une de ces petites choses qui vous remuent, qui vous donnent la bougeotte, qui s’ajoutent aux autres petits trucs qui énervent en ce moment, qui me donnent envie d’écrire un article en attendant de retourner le monde dans le bon sens !

Cinéma, Humeurs

  1. Stéphane Péchard
    21/02/2009 à 09:03 | #1

    et tu dis même pas que c’est avec Charlize Theron, c’est quoi cette review :-)

  2. tardmo
    23/09/2009 à 19:48 | #2

    Super review, ça donne envie de le voir.

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