Sommes-nous une génération le cul entre deux chaises ? 
L’alcool et la fête ont au moins cette vertu que la descente, entre 4h et 7h du matin, génère inévitablement de grands débats existentiels.
Quatre, tous proches, mais pour autant vivant des situations différentes. On travaille tous, depuis plus ou moins longtemps, mais certains ont des horaires de bureau, d’autres, des horaires à la con (restauration). Certains sont casés depuis plusieurs années, d’autres célibataires perpétuels, avec les différentes déclinaisons entre ces deux cas. Locataires, propriétaires, mais dans tous les cas pas encore 30 ans. Et tous le même constat, nos vies sont trop monotones, trop tracées, avec des rêves qui s’effacent.
Ni malheureux, ni vraiment heureux, on abandonne l’enfance avec une vie d’adulte moins prévisible que celles de nos parents et pour autant sans surprise. Nous savons que ca ne pourra qu’être pire autour de nous alors nous essayons de nous tailler une vie sur mesure. Mais quand on perd cette mesure justement, qu’on ne sait plus de quoi rêver ou que nos rêves, toujours aussi impossibles qu’il y a 10 ans, auront peu de chance de se réaliser, on se demande ce qu’on va bien pouvoir devenir. Élevés dans l’industrie du rêve, on se retrouve peut-être abatu par le pragmatisme de l’adulte, celui qu’on reprochait à nos parents quand ils nous disaient d’arrêter de rêver.
On se sent le cul entre deux chaises, pas vraiment adulte, plus vraiment enfant, ni vraiment à une intersection entre plusieurs chemins. J’ai plutôt l’impression qu’il y a une zone non balisée entre ces deux mondes qu’il faut traverser pour retrouver le chemin suivant. Mais on garde cette sensation désespérante que si on ne fait rien, rien ne changera et que pourtant ca continuera à rouler quand même. Dans ce monde mégalo, on roule sur une autoroute chiante a mourrir alors qu’on rêverait de petites routes de campagne.
Il y a aussi cette insatisfaction permanente. Quelle que soit notre situation, nous ne sommes pas satisfaits, et j’ai tendance à croire que si j’avais la chance d’être dans la situation du mec casé et heureux de l’être, je ne serais pas plus satisfait. Du coup, on espère du changement et ca ne nous empêche pas de procrastiner, de se dire qu’il faudrait faire des choses pour mettre un peu de piment, sans jamais agir.
Je n’ai pourtant jamais été aussi libre, plus de groupe, bientôt plus de maison, les moyens de changer de boulot, et j’en arrive à penser que la liberté n’est pas satisfaisante, ou tout du moins, pas autant que sa recherche. Peut-être parce que je confonds être libre et sans attache comme me le fait judicieusement remarquer Gaël. C’est dans la contrainte qu’on devient créatif. C’est peut-être aussi pour ça que j’ai envie de créer quand je suis au boulot, et qu’une fois à la maison, je préfère m’abrutir. Aujourd’hui, envolée la mégalomanie avec laquelle j’aurai interpeller le monde pour lui crier mes idées.
Finalement, j’ai l’impression que cet article est à l’image de nos vies : un peu de forme sans vraiment de fond, une suite de mots qui perdent de leur sens à mesure qu’on les découvre. Il est peut-être la meilleure image que je pourrais donner pour tout résumer, ça se lit bien sans être transcendant et au final, sans but, on arrive nulle part si ce n’est à la même chose qu’au début, alors on continue sur cette voie sans trop se poser de question …
Sur tout les plans, la vie est bien plus animé et comporte bien plus de défi lorsque des problèmes surviennent, brisant la possible routine.
Une fois une certaine forme de liberté et de bonheur acquis, on se fait chier. Un peu comme un projet terminé.
Je crains que tout le monde ai besoin d’une bataille, d’un objectif, quelqu’il soit pour être heureux, épanoui et avoir envie de se lever tous les matins.
Sinon, ouais; c’est relou.
Bordel ambiant… Dans mes favoris !
J’suis tombée là-dessus car je m’apprête aussi à quitter Facebook, et je me dis que lire des blogs tel que celui-ci, c’est une perte de temps carrément plus intéressante :p
@jd
c’est un peu la réflexion qu’on s’est faite avec un collègue. La déprime générale vient peut-être du fait que nous sommes passés du combat à la résistance.
@Anne
Merci, de ma part et de celle de Gawel, ca fait plaisir de savoir qu’on est lu et apprécié
A force de trop rechercher la liberté tu vas finir par la perdre.
C’est pas facile d’être esclave de son envie de liberté!
Et si la vraie liberté c’était celle d’apprécier une bonne bière dans un monde de merde qui n’avance que dans le sens inverse de celui qu’on voudrait?
Se poser ces question métaphysiques, je trouve celà encourageant, je me dis qu’il y a encore des gens avec un cerveau; mais c’est tout aussi irrespectueux pour tout ceux qui meurent de faim dans le monde où qui n’ont ni le temps ni la liberté de le faire!
La vraie question à se poser c’est plutôt, ne serais-je donc vraiment libre que le jour ou le reste du monde le sera autant que moi?
En attendant, rester créatif chez soi c’est possible, mais avec une bonne bière, c’est plus agréable:)