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Izia : back in town

par alf 18/08/2009
Izia, fille d'Higelin et rock star

Izia, fille d'Higelin et rock star

Le rock n’est pas mort malgré ce qu’on pouvait penser. Izia, fille de Jacques Higelin et demi-sœur d’Arthur H, nous gratifie d’un premier album qui envoie un son mélangeant toutes les facettes du rock des 60’s à aujourd’hui.

J’avais tendance à penser que les média nous farcissaient de musique ramoli avec les restes de la “nouvelle scène française” qui n’a plus rien de nouvelle. Mais Izia balaie les codes et se permet de chanter en anglais avec une voix qui fait tout de suite penser à Janis Joplin. La première chanson de l’album “Back in town” nous fait penser à un morceau de Led Zeppelin chanté avec les tripes.

Du haut de ses 18 ans, la “fille de” n’a pas à rougir de son nom, elle est née dans la musique et a su faire ses preuves depuis plusieurs années sur scènes (la vidéo ci-dessous date de 2006). Sur l’album éponyme composé de 12 titres, on retrouve des influences du rock des 70’s évidemment, mais également quelques touches de funk, de grunge et de punk. Et comme tout bon album rock qui se respecte, on s’endormira paisiblement sur la dernière chanson, une ballade nommée Sugar Cane, après avoir sauté partout pendant 3/4 d’heure.

Je vous laisse découvrir un live d’une de mes chansons préférées : Life is going down

  1. Back In Town
  2. Lola
  3. The Train
  4. Hey Bitch
  5. Let Me Alone
  6. Blind
  7. Burning
  8. Life Is Going Down
  9. The Light
  10. Take Me Back
  11. Disco Ball
  12. Sugar Cane

Musique

Nouvel album éponyme de Killswitch Engage

par alf 06/07/2009

J’ai reçu il y a quelques jours le dernier album de KSE en version “édition spéciale”. La version normale comprend 11 titres tandis que l’édition spéciale nous donne droit à une chanson inédite, trois chansons lives et un dvd contenant une demi-heure d’interview non sous-titrée.

Nouvel album éponyme de Killswitch Engage

Nouvel album éponyme de Killswitch Engage

1. Never Again
2. Starting Over
3. The Forgotten
4. Reckoning
5. The Return
6. A Light In A Darkened World
7. Take Me Away
8. I Would Do Anything
9. Save Me
10. Lost
11. This Is Goodbye
12. In A Dead World
13. Rose of Sharyn (Live)
14. My Curse (Live)
15. Holy Diver (Live)

On pouvait déjà écouter Reckoning, Starting Over et Never Again depuis quelques semaines, ce qui laissait présager de l’orientation de l’album. Comme l’avait laissé également entendre l’interview de Joel par Phil A. de Discordance, le groupe souhaitait essayer de nouvelles directions.

Pour annoncer la couleur tout de suite, cet album est un peu décevant. On sent bien une évolution mais pas forcément dans le bon sens à mon goût. Tout d’abord, le chant d’Howard a perdu de sa puissance en clean, car il est doublé sur plusieurs morceaux (par Adam je suppose), les coeurs en canon se font plus rares alors qu’ils donnaient de la force en mélangeant voix clean et death. Du coup, les chants ont tendance à rendre la musique plus “grand public” pour je ne sais quelle autre raison.

Ensuite, après plusieurs écoutes, je trouve les riffs de guitare moins élaborés, laissant plus de place à des harpèges en clean ou en disto. On se retrouve plus avec des structures rocks que metal, simplifiées. On notera quand même que la sonorité de KSE évolue par moment, prenant des touches de vieux métal chevelu des années 80/90 mis à la sauce moderne (un peu comme ils ont fait avec Holy Diver), en l’occurence je parle de Take Me Away (à écouter à la fin de cet article).

Je ne sais pas si cela vient du fait que je n’ai jamais écouté aussi attentivement un album de Killswitch Engage, mais j’ai l’impression que la basse est un peu plus présente sur cet album. Par contre, les parties hardcore restent fidèles à KSE et n’ont pas trop évolué.

Là où la déception est marquante, c’est que les lives font énormément plaisir à entendre et retranscrivent bien l’ambiance sur scène. Je fais peut-être une réaction de vieux con qui aime trop As Day Light Dies :-) Toujours est-il que je me rends compte qu’à force d’écouter pour m’imprégner de l’album, certains riffs restent tout de même en tête, mais pas le chant … étonnant venant de moi. On mettra une mention spéciale pour Reckoning, dont le refrain fait étrangement trop penser à Unbroken.

Pour conclure, tout n’est pas à jeter, ça s’écoute et ça pourrait être une porte d’entrée pour découvrir Killswitch Engage pour les oreilles un peu sensibles, même si je conseillerais bien plus volontiers As Day Light Dies, vous l’aurez compris. Pour les fans, les lives valent le détour, mais le dvd non, il y a qu’une série de questions posées au groupe par des fans.

C’est bizarre, je reste avec une impression d’album éclectique et en même temps de réchauffé. Ca ressemble à un album de transition, de mutation. Il ne reste qu’à attendre le prochain pour voir si la direction se dessine plus ou s’ils feront marche arrière.

Musique , ,

Mythos Dresden - Acte 6

par alf 28/06/2009

Cet article fait suite à la cinquième partie et est la conclusion de mon voyage jusqu’à Dresde.

20h36, près d’Erfurt.

Et bien, ça y est ! Belle aventure aujourd’hui. J’ai commencé par retourner à Gießen à pied. 2h de route, ça m’a fait les pieds, c’est le cas de le dire. Je suis repassé devant le village américain et j’ai revu le garde. Il m’a souhaité bonne chance et je suis reparti. 500 mètres plus loin, j’ai trouvé un petit coin pour manger mon riz au cube, riz³ tiens ! J’ai ensuite fait du stop pour aller à Alsfeld.

Un jeune pas très aimable m’a pris et déposé 10km plus loin à un endroit un peu pourri. J’ai attendu un peu mais finalement un mec m’a pris et déposé à Grünberg, à 20km de Gießen. Il m’a laissé à un arrêt de bus à la sortie du bled. Parfait. J’ai encore attendu près d’une demi-heure avant que Flo, un mec de 33 ans me prenne dans son pickup. Un mec super cool, dessinateur ou sculpteur je crois, qui retape sa maison qu’il a acheté il y a un an. Il m’a amené jusqu’à Kirchheim, directement sur l’autoroute. Il m’a dit que ça serait plus facile pour avancer et faire du stop. Il m’a aussi dit de demander aux gens à la station essence pour m’amener à Erfurt.

Il y avait deux jeunes, un mec et une fille, assis à coté. Je leur ai demandé s’ils faisaient du stop mais ils m’ont dit qu’ils attendaient des amis qui venaient les chercher.

On a un peu discuté, toujours les mêmes choses : où tu vas, d’où tu viens, t’es étudiants ?

J’ai demandé aux gens à la station mais personne n’allait à Erfurt ou ne voulait m’emmener. J’ai demandé un bout de carton à la station et j’ai enfin pu avoir mon panneau “ERFURT/DRESDEN”. Finalement, c’est un peu par hasard qu’un mec, Udo, m’a demandé où je voulais aller, à l’entrée de la boutique. Il m’a embarqué avec lui jusqu’ici.

Mais Udo, c’est un personnage intrigant et extraordinaire.

Sa voiture était pleine de cartons de cartouches de cigarettes. Le coffre, les sièges arrières, des clopes partout. Il a été difficile de trouver de la place pour mon sac. C’était bizarre qu’un mec qui a tout l’air d’un contrebandier me prenne en stop. Et puis on a commencé à discuter chemin faisant. Je lui ai raconté d’où je venais, où j’allais. Je lui ai parlé de mon souhait de retrouver Silja à Hanovre.

Silja était ma correspondante allemande en 4e, j’étais allé chez elle et elle était venue chez moi à l’époque. Je m’étais dit que tant qu’à aller en Allemagne, je pourrais passer la voir à Langenhagen, à coté d’Hanovre. Il se trouvait juste qu’on avait pas échangé de nouvelles depuis des années donc je ne savais pas si elle avait bougé.

Et puis, de fil en aiguille, il s’est détendu, allant même jusqu’à rigoler. Et puis, il a fait quelque chose de génial. Il m’a demandé le nom et l’adresse de Silja et puis il a appelé les renseignements pour avoir le numéro. Apparemment personne n’avait le téléphone à cette adresse. Et puis, il a appelé ceux qu’il a nommé “meine Leute”, ses hommes de main ? Il m’a dit qu’ils avaient des moyens pour retrouver les gens. Si ça fait pas mafieux tout ça, je sais pas ce que c’est. Ou alors il est agent secret. Il est d’abord tombé sur les grands-parents. il m’a passé le téléphone mais j’ai rien compris, je ne savais même pas qui j’avais au bout du fil à ce moment là. Il a repris le téléphone, rappeler ses “collègues” je crois et obtenu le numéro de Nina, la mère de Silja. Il lui a expliqué la situation et le me l’a passé. Elle se souvenait de moi. On a discuté une minute puis elle m’a souhaité un bon voyage. Au passage Udo a récupéré le numéro de Silly, qui vit maintenant à Berlin. Wunderbar. Je l’appelerai de Dresde. En tout cas, ça m’évitera un détour à Hanovre du coup.

Il m’a aussi dit de l’appeler à Berlin parce qu’il pourrait peut-être me prendre et m’amener jusqu’à Strasbourg pour le retour. Il est trop cool ce mec, mais un gars qui voyage autant, qu’a qu’un portable, pas de fixe, si c’est pas un mafieux, je sais pas ce que c’est !

Il m’a déposé à une station sur l’autoroute. Je vais voir si je cherche à aller jusqu’à Dresde maintenant ou si je dors là. Il reste un peu plus de 200km à faire. A 180km/h, je pourrais y être rapidement. Je vais voir, en attendant, y’a des routiers à ma table, c’est marrant même si je comprends rien. J’ai mangé à la station, la flemme de faire du riz.

22h30

Je suis toujours à ma table à la station service. Je cherche quelqu’un allant à Dresde mais en vain. Je préfèrerais arriver cette nuit, quite à dormir dans la rue ou faire une nuit blanche, au moins je serais sur d’y être.

Là il fait maintenant complètement nuit, ça va être folklo de planter la tente dans le noir.

Je crois que je profite de la convivialité des routiers. Malheureusement, ils ne vont qu’à Weimar demain.

Nuit noire pour nuit noire, je vais tenter encore un moment de trouver quelqu’un qui m’amène à Dresde.

En fait, je viens de lire la carte de visite d’Udo. Il est représentant en distributeur de clopes et en jeux automatiques. Ca explique certaines choses, mais ça empêche pas que ça soit une vitrine pour blanchir l’argent :-)

25 juillet 2006 5:45, la station

J’ai dormi dans un petit parc à coté de la station. Par peur d’être jeté, j’ai mis le réveil à 5h. Là je prends mon ptit dej à la station. Je me suis endormi vers 1h, réveillé une fois à 3h. Il est indispensable que j’arrive à Dresde aujourd’hui.

Hormis les ampoules, l’odeur de mes pieds est horrible, j’ai des mycoses ou je sais pas quoi. Vivement le prochain bain.

Il est maintenant 6h et y’a des mecs qui bouffent des saucisses. Mais comment font-ils ?

Je n’ai pas vu ce film, mais je me sens un peu comme Tom Hanks dans le terminal. J’ai l’impression que je ne vais jamais partir d’ici. Toujours le même problème : entre supporter la voiture et rester dans cet endroit que je connais, maintenant j’avais plutôt tendance à choisir la 2e option. De toute façon, je vais lentement prendre le temps de me réveiller.

J’entame mon 6e jour en Allemagne. Là je peux vraiment dire que le périple a commencé. J’en chie. Heureusement que y’a du café, du coca et de la red bull ici !

Je me suis fait une belle pancarte “CHEMNITZ./DRESDEN”. J’attends d’avoir les trippes en place et j’attaque. Il est déjà 7h et je suis complètement dans le gaz.

Chose bonne à savoir pour tout voyageur allant en Allemagne : les canettes sont consignées. En les ramenant à la caisse on récupère 25 centimes. Ca va faire 12h que je suis ici. J’arrive pas à décoller, j’ai trop le ventre explosé. Il va pourtant bien falloir, je ne referais pas une nuit ici. Je veux être chez Seb avant ce soir.

Je me rends compte que je n’ai pas évoqué pourquoi j’allais à Dresde. Seb, un vieux pote, était en Erasmus depuis 6 mois à Dresde, ce qui en faisait un très bon point de chute et la raison pour laquelle j’allais vers Dresde. Il fallait juste que j’arrive avant mi-août, période à laquelle il repartait en France.

9h53

Je suis sur mon rocher à la sortie de la station depuis 2h. Quatre espagnoles m’ont proposé de m’amener jusqu’à Gera, mais j’ai refusé, comme un con. Leur voiture était déjà pleine et je ne voulais pas voyager trop inconfortablement. Je suis stupide, j’aurais avancé de 90km.

12h15, Jena

Je viens de faire 70km avec un mec pas trop joyeux, mais bon. Plus que 150km avant Dresde, en plus l’aire de repos où je suis est blindée, ça devrait pouvoir se faire. Par contre, j’ai pas le bide très bien accroché là. Avec mes 4h de sommeil, je lutte un peu en voiture. C’est con pour un auto-stoppeur. Je vais ptet manger un petit bout ici. Prendre mon temps. Hormis le temps qu’il va me falloir pour être pris, il ne doit rester qu’une heure de route.

J’ai une grosse chance d’arriver dans l’après-midi.

Je suis juste avant l’échangeur qui séparent l’autoroute pour Dresde et celle pour Berlin. Peut-être que tout le monde va à Berlin. Ca serait con.

J’ai mal au bide.

Tout à l’heure, à la station près d’Erfurt, deux jeunes dans une belle voiture ont me prendre et ils ont commencé par me demander si j’avais mon permis de conduire. Ils ont aussi réagi quand une bagnole de flic est passée. Finalement, ils m’ont dit que ça allait pas le faire. Heureusement.

26 juillet 2006 13:25, Dresden

mls27Ca y est, j’y suis ! Alors pour reprendre de l’échangeur, j’ai discuté un peu avec un autre auto-stoppeur allemand, avec des vendéennes, que le monde est petit,  et j’ai essayé de dormir. En vain. Elles m’ont proposé de me déposer sur l’autoroute à Dresde, mais j’ai refusé, étant pas encore très bien. Et puis de l’autoroute à Dresde même, je savais pas si ça allait être facile. Finalement je me suis remis au stop vers 15h je crois, peut-être un peu avant, et au bout de plus d’une heure, un mec sympa m’a pris. Il m’a déposé à l’entrée de Chemnitz, 70km avant Dresde. Il y avait beaucoup de voitures mais peu qui prenaient la bretelle d’autoroute, et peu avec “DD” (pour Dresden) sur leur plaque. Finalement une fille de 21 ans, vendeuse de lingerie, m’a amené jusqu’à Dresde. On va d’ailleurs être correspondant, elle en a toujours voulu un et ça me fera bosser l’allemand. Katja m’a déposé à 2 rue de la Martin Luther Platz et à chaque pas, c’est un gigantesque sourire qui se dessinait sur mon visage. J’arrive au 39 Martin Luther Straße, je descends un peu la rue et je reconnais la “Wege” avec ses graphes sur la façade. Je sonne, Manuel me répond par la fenêtre et 1 minute après, Seb m’ouvre. Le bonheur de le retrouver enfin.

La “Wege” est une maison dans la Neustadt avec 3 étages. Ils sont 7 à vivre ici en coloc et il y a plus qu’un air d’auberge espagnole. Des allemands, français, italien, russe, chinois, le cosmopolitisme de la Wege est à l’image de la Neustadt.

Hier soir, nous sommes allés squatter à Alaun Park pour manger le repas thaï que nous avions acheté en route. Ce parc est fantastique, il a des dizaines de personnes qui sont là avec leur petit barbecue, à jouer au freesbee, à jongler, à boire de la bière. Ici, pas besoin de télé, d’internet, de bar, il suffit de sortir et faire 200m pour passer du bon temps avec ses amis et rencontrer du monde. Les gens sont très ouverts ici, on peut discuter avec n’importe qui quasiment.

Seb m’a ensuite montré un squat en face de la maison puis nous avons discuté dans la cuisine avec Manuel et Tom.

mls27_gartenCe matin, on est passé prendre le petit dej chez le bäckerei puis on est allé prendre un café quelques rues plus loin. Là, on a rencontré Raphaël, un danseur français, qui est arrivé ici il y a 3 jours. On a aussi discuté avec Patrick, le vendeur d’un magasin de disques du quartier. Toute la beauté de la Neustadt réside peut-être dans le fait qu’il n’y a pas besoin d’en sortir pour vivre. On croise rapidement plusieurs fois les mêmes personnes. Comme le disent Seb et Manuel, c’est un village dans la ville.

J’aime vraiment beaucoup cet endroit. Il y a un coté ancienne Allemagne de l’Est un peu délabrée par endroit, mais les gens on l’air heureux, ouverts. Tout le monde est heureux d’y vivre et de se retrouver. S’il n’y avait pas VoX, je resterais plus longtemps pour voir si je ne peux pas y travailler.

C’est ici que s’arrête mes notes. Ensuite, j’ai passé trois semaines de bonheur dans la Wege, dont la dernière semaine sans Seb, qui était rentré en France. J’ai repris la route du retour vers la fin août, ayant décroché un entretien d’embauche à Nantes. Je devais passer par Chamonix faire une journée de rando avec mes parents mais ma pseudo infection urinaire a dégénéré sur la route du retour jusqu’à ce que je me retrouve à pisser du sang. Un peu en panique j’ai pris un billet de train Nüremberg - Nantes et je suis rentré en 12h. Au final, je souffrais de cristaux dans les reins dus à la déshydratation.

Ce voyage d’un mois et demis aura pleinement rempli son rôle. J’ai voyagé au travers des pays, des gens et de moi-même et je suis rentré requinqué. Suite à un rêve après être rentré, où j’étais à nouveau dans la Wege, j’ai décidé de me mettre en coloc à Nantes et ce pendant 2 ans et demi. Depuis 1 mois et demi, je revis à nouveau seul et c’est une page que je tourne en racontant ce voyage qui me marquera pour longtemps.

Aujourd’hui, je n’ai plus de contact avec qui que ce soit rencontré sur la route. Il n’y a plus que Seb que je revois de temps en temps. Je ne suis jamais allé voir Silja à Berlin, n’ayant plus le courage de partir de la Wege et n’ayant pas senti un engouement exacerbé dans sa voix quand je l’ai appelée.

Dans le train du retour, j’ai écrit ce qui sera l’avant dernière chanson de VoX : Mythos Dresden.

Dans le wagon de l’ennui
Filan au creux de ton Rhin
Du fond du pays de l’oubli
Je fuis, je suis cuit.

Et tant que je n’y perds que ma langue
L’ami Goethe n’a pas à être fier
Mais quand j’y laisse mon cœur
Ce sont ses serres qui m’agrippent et me ferrent.

Pars, reste
Seulement après mon départ
Retiens moi, attrape moi par la main
Et arrache la !
Car la bague à mon doigt me dit
Que je suis marié
Mais je ne sais pas à qui
Alors dites moi où je dois m’enterrer.

Je ne peux oublier les pavés
Sans métro quand bien même
Kein Ersatz, je l’affirme
J’y ai vécu et pourri trois semaines.

Alors Elbe, arrête-toi
N’engloutis pas Dresde la mythique
Il y a là-bas quelques mondes
Que les bombes ont manqués.

Me croiras-tu quand je te dirais
Que je n’ai jamais vu la pluie
Au 27 rue Martin Luther
Le froid reste dehors et nous buvons sans lui.

Pour l’histoire aussi, Mythos Dresden était le nom d’une exposition sur Dresde que nous sommes allés voir au Deutsches Hygiene Museum retraçant l’histoire de la ville.

La Neustadt est le nom du quartier où j’ai vécu, ce qui signifie “nouvelle ville” en allemand. Ce nom est en opposition à la Altstadt qui est le cœur historique de Dresde, la Neutstadt datant de l’après-guerre.

Un événement intéressant, que j’ai malheureusement raté, est la BRN (pour Bunte-Republik-Neustadt, qui pourrait se traduire par La république colorée de la Neustadt), une sorte de festival rock/punk/anar/toutcequevousvoulez qui met tout le quartier en effervescence chaque année depuis 1990. Sur fond de revendications politiques, la musique et la liberté envahissent le quartier pendant quelques jours fin juin. Il y a même un mouvement pour l’autonomie de la Neustadt d’après ce que j’ai entendu là-bas. Pour les germanophones : http://www.brn-dresden.de/

En espérant vous avoir fait voyager à mes cotés.

A bon entendeur, Tschüss !

Notes, cartes, etc.

Voyage ,

Mythos Dresden - Acte 5

par alf 27/06/2009

Cet article fait suite à la quatrième partie.

Une nuit chez Nicole

Weinhaus ShultesJe suis entré hier soir dans ce bar à vin où en 5 minutes, Nicole, une femme enceinte de 36 ans, m’a convié à la Stammtish, la table des habitués. Elle devait juste être employée ici, Krystel (encore une) devait être la gérante. Nous avons alors discuté autour d’un verre de vin et ce, malgré mon allemand encore déplorable. Elle m’a aussi offert une glace en plus des verres que je n’ai pas payés. A ce moment là, je ne m’inquiétais plus d’où j’allais dormir, ca m’était égal. C’est alors qu’elle m’a proposé de planter ma tente dans son jardin. C’était inespéré et j’étais pas bien sûr d’avoir compris. Entre parenthèses, le bar était magnifique, tout en bois, accueillant, calme, tout ce que j’aime.

Mes doutes se sont envolés quand je suis monté dans sa voiture et que nous sommes partis à 3km de Limburg pour atterrir dans son appartement où elle vivait seule. Son mec l’ayant quittée après 11 ou 12 ans de vie commune et après l’avoir mise enceinte. Triste mais tellement banal.

Finalement, j’ai carrément eu le droit au canapé. Si les allemands ne sont pas accueillants, je suis russe. Je pensais encore passer une bonne nuit mais une envie de gerber m’a réveillé à 2h. Décidément je dors presque mieux dans ma tente.

Ce matin (enfin, je rattrape le présent), le réveil a été un peu violent. Elle m’avait dit qu’elle allait petit-déjeuner chez ses grands-parents mais j’avais cru comprendre que j’avais le choix entre dormir et venir. En fait, il s’est avéré que j’avais le choix entre venir ou partir. A peine réveillé, j’ai donc remballé mes affaires et nous sommes allés prendre le petit dej’ chez ses grands-parents. Encore un petit dej’ allemand avec des œufs, du fromage, mais heureusement, du beurre et de la confiture.

Elle m’a alors déposé dans le centre sur la route de Gießen, ma prochaine étape. Mais pas trop réveillé, j’ai repris le chemin du centre et ça fait 1h30 que j’écris là. Je bois du coca sur une terrasse, en plein cagnard. Je vais reprendre la route vers Gießen, je crois que je suis réveillé maintenant.

Voila, j’ai rattrapé mon retard et j’ai goûté franchement à l’hospitalité des allemands. Il est temps d’avancer. J’espère être à Dresde dans 2 ou 3 jours. Heureusement le soleil est revenu. A plus tard

Coup de pompe

23 juillet 2006 19:10, Gießen

Depuis ce midi, je n’ai fait qu’une quarantaine de kilomètres. J’ai essayé le stop pendant une heure, mais ça n’a pas marché. J’ai alors èré à la gare où j’ai mangé un sandwich, puis je me suis décidé à prendre le train. C’était beaucoup trop cher jusqu’à Erfurt alors pour 9€ je suis venu à Gießen.

Je me sens pas très bien là. Un peu la nausée, très fatigué, encore aucune idée d’où je vais pouvoir dormir cette nuit, mais bon, tant pis.

J’ai encore le temps de faire une bonne rencontre. Enfin je crois que je vais chercher un camping ou une auberge de jeunesse d’abord. Je me sens pas capable de dormir dans un champ ce soir même si je crois que je vais pas avoir le choix.

Ca doit être le premier jour où je pense vraiment que je serais mieux dans mon lit.

Ca fait depuis Troyes que j’ai une sorte d’infection urinaire et des plaques de boutons dans le bas du dos. En gros, là c’est le gros coup de pompe. J’aimerais tant une nuit de 12h sans me réveiller. Le pire c’est peut-être que je suis perdu au milieu de l’Allemagne, à encore au moins trois jours de Dresde si le stop marche. Je ne peux qu’avancer, lentement mais surement. Et puis je supporte de moins en moins les transports, ça doit être psychosomatique.

Les seules choses qui me remettent un peu d’aplomb, ce sont les coca en terrasse. J’oublie que je suis nulle-part. Je me sens un peu plus chez moi si j’écoute pas toutes les discussions en allemand. Ca reste toujours incompréhensible d’ailleurs.

L’argent part à toute vitesse pour des petits réconforts de ce genre là, les verres, les clopes, les toilettes publiques. J’évite les petites emmerdes quoi.

Ca fait aucun doute, la langue n’aide pas. En France, je stressais moins. Là, les moments d’euphorie comme la Weinhaus (le bar à vin pour les non germanophones) s’effacent d’un seul coup dès qu’un coup de barre survient. Car je ne peux jamais être sûr des bonnes choses qu’il va m’arriver alors que je sais que je vais en chier. C’est ce que je voulais, il faut que j’arrête de me plaindre.

Depuis deux jours, je marche tellement peu que j’ai plus vraiment mal. C’est peut-être ça le problème chez moi : lorsqu’un mal s’en va, il faut remplir le trou. Sans douleur, pas de vie. J’ai quasi pas mangé aujourd’hui en fait mais je n’ai pas vraiment faim. Je devrais peut-être reprendre la marche sur les départementales car j’ai en plus l’impression que le taux de cons est supérieur en ville. Enfin ça doit être pareil, mais en valeur absolue, ça fait plus.

Comment je peux faire ce soir ? draguer les minettes pour trouver un toit ? je crois pas que ça marcherait. Au passage, toutes ces lignes montrent à quel point je ne pense pas trop à Flo. Enfin surtout, là où je suis, je sais qu’elle ne peut rien pour moi. C’était peut-être une connerie de croire l’inverse à Nantes. Nevermind. Ici au moins, je vies dans le présent. Aucune idée d’où je serai demain et plutôt concentré sur les problèmes de l’instant. C’est pas de l’argent que je donnerais là pour un toit et une grasse mat’, c’est mon âme. L’argent je l’ai.

J’ai envie de rester en ville parce que c’est moins dur psychologiquement mais s je cherchais tout de suite un endroit où dormir ça serait moins dur physiquement. Même assis, j’ai à moitié des vertiges.

Putain, la serveuse pourrait pas entamer la conversation ?

Ah j’oubliais, un gars à la gare a voulu me vendre un billet de train pour toute l’Allemagne. Ca vaut 33€ je crois. Je pourrais peut-être prendre ça et être à Dresde demain. Je verrais demain de toute façon.

Il est 19h50, il fait 29°c, je finis mon coca et je me remets en route. J’en ai presque les jambes qui flagellent rien que d’y penser. Ich bin so müde.

22:35

Je suis dans un camping quelque-part près de Gießen. Les rencontres que je fais me font marrer. Tout à l’heure la serveuse m’a indiqué un endroit où il y avait un camping et quel bus je devais prendre. Après avoir trouvé le bus, je ne trouvais pas l’endroit donc j’ai laissé tomber. J’ai commencé à marcher en direction de Alsfeld, la prochaine étape, et à la sortie de la ville, je suis tombé sur un village militaire américain avec deux gardes armés qui faisaient le guet devant. Un mec et une magnifique blonde. Je leur ai demandé où je pouvais trouver un camping dans le coin (”Wissen Sie, wo ich ein camping Platz finden kann ?” combien de fois je l’ai dit ?). Et apparemment, il n’y en avait pas dans le coin. Et puis une amie de la fille s’est pointée et elle m’a emmené dans un camping près de chez elle. Le mec s’était aussi proposé pour m’amener après sa garde.

Et bien me voila dans un gros camping de bofs où il n’y a que des allemands, où c’est 7€ la nuit et où il ne semble n’avoir qu’un chiotte et qu’une douche pour tout le camping. Je viens de me bouffer une vilaine part de frites. Par vilaine j’entends pas très bonne. Bon, pour se consoler, y’a de la bonnasse, mais bon, je vais me coucher avant de parler à qui que ce soit.

Là je suis à la terrasse du bar du camping, en train de boire mon quatrième coca de la journée. Décidément, plus j’arrive à mes limites, plus je dépense.

Ah! pour l’anecdote, tout à l’heure, un couple baisait dans l’herbe à une vingtaine de mètres des gens, dans la pénombre du crépuscule. Je sais pas si les gens faisaient semblant de rien mais c’était quand même flagrant.

Les campings, ce sont déjà des gens bizarres qui y vivent, mais les campings allemands avec de la house jusqu’à 1h, ça dépasse l’entendement.

Bon allez, je paie mon coca et je vais me coucher si je rencontre personne dans les 10 minutes.

24 juillet 2006 11:15, près de Gießen

Je suis toujours au camping. J’ai bien dormi cette nuit. Environ de minuit à 9h. J’ai pris une douche froide, j’ai remis un t-shirt normalement propre mais qui pue. Ca fait quand même du bien. Je fais tâche au milieu de tous ces touristes en maillot de bain au bord du lac. Je suis pas en avance, j’espère vraiment que le stop va marcher car j’aimerais bien être à Erfurt ce soir. J’attends que ma serviette sèche sinon elle va vraiment puer ce coup-ci.

En une heure ou deux je peux être à Alsfeld et ensuite en trois ou quatre à Erfurt. Va vraiment falloir que le stop marche.

J’ai discuté 5 minutes avec un mec dans la douche. Sympa. C’est con, à chaque fois que je cause à quelqu’un c’est cool, dommage que ça n’arrive pas plus souvent.

Ce matin mon ptit dej’, ça a été un twix et un fanta. Il est temps que je refasse quelques courses.

A fumer ma clope au bord du lac, je constate à quel point mon pantalon a viré au gris. Il est vraiment temps que j’arrive à Dresde pour faire une grosse lessive. Bon, je finis mon fanta, je profite une dernière fois des chiottes et je me casse de cet endroit trop vacances pour ne pas être frustré.

Ah, il semblerait que l’entrée à la plage soit payante. Décidément, il ont des mœurs bizarres ici.

La vie en Allemagne semble décidément plus chère qu’en France.

En fait, je mets de plus en plus de temps à décoller le matin. C’est sûrement parce qu’une fois que j’ai pris mes repères, ça devient difficile de repartir vers l’inconnu.

Héhé, y’a du Johnny et du Lara Fabian à la radio là. Un peu de français …

J’hallucine un peu sur les deux poufs en face. Hormis le fait qu’elles se fassent leur petite manucure sur la plage, y’en a une qui vient de changer de maillot. 2 maillots pour aller à la plage …

Demain, le 6e et dernier épisode qui nous amenera finalement à Dresde avec encore quelques rencontres originales

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Mythos Dresden - Acte 4

par alf 26/06/2009

Cet article fait suite à la troisième partie.

Les retrouvailles avec les Spaghetti Eis

23 juillet 2006 11:30, Limburg

Putain, j’ai réussi à mal dormir, c’est chiant. Je reprends.

Alors jeudi matin, j’ai mis du temps à décoller, j’ai du partir vers 10h30. J’ai marché le long de la route jusqu’à Remich où je me suis posé sur un banc, au bord de la Moselle. Les pieds en feu après 12km, c’est avec plaisir que j’ai retiré mes chaussures.

Il y avait trois ou quatre bancs, mais les deux petites vieilles ont trouvé le moyen de venir s’installer à coté de moi. Au bout d’un petit moment, je me suis décidé à m’offrir un vrai repas avant de traverser le pont qui m’amènerai en Allemagne.

Je me suis installé à la terrasse d’une boulangerie/sandwicherie et je me suis pris un panini puis une glace. Il y a des fois où il faut se faire plaisir. Un vieux Luxo m’a fait la conversation pendant le repas. Il était très gentil et m’a assuré qu’avec mon sac sur le dos, je serais l’ami des allemands.

Après être passé à la pharmacie et avoir blindé mes pieds avec des pansements et de l’elasto, j’ai emprunté le pont qui traverse la Moselle. Au moment où j’ai croisé le panneau indiquant “Bundes-Republik-Deutschland”, mon cœur s’est accéléré et j’ai senti l’euphorie me gagner. J’étais dans un pays réellement étranger, plus que le Luxembourg car non francophone.

Chaque panneau, chaque enseigne étaient pour moi des symboles de mon aventure. En France, seule la campagne représentait l’aventure, mais là, tout m’était étranger. J’ai alors marché le long de la route, sans savoir où j’allais, juste en suivant ma boussole. Lorsque j’ai trouvé un chemin menant dans les bois direction nord-est, je l’ai pris avec la joie de me retrouver à l’ombre. J’ai alors crapahuté dans la forêt et dans les champs pendant une bonne demi-heure avant de me retrouver sur des petites routes de campagne. L’ombre était rare et mes réserves d’eau diminuaient. J’ai continué à souffrir jusqu’au premier petit village que j’ai trouvé : Kirf. Je me suis posé sur les marches d’un monument aux morts de 39-45 où j’ai pu m’aérer les pieds. Ca m’a fait bizarre de voir ce monument., car  la signification qu’il possède et le symbole qu’il représente peut être tout autre ici. La question reste pour l’instant sans réponse.

Lorsque j’ai vu une dame sortir de chez elle pour arroser ses fleurs, j’ai prix mon pauvre allemand à deux mains et je lui ai demandé de l’eau. Nous avons un petit peu discuté, tant bien que mal, et elle m’a dit que sa fille parlait français mais qu’elle n’était pas là.

Avec mes gourdes à nouveau pleines, j’ai pu me faire ce délicieux repas qu’est le riz avec un cube de bouillon de poule puis la dame est revenue avec sa fille qui venait de rentrer.

Elle m’a expliqué en français qu’elle travaillait à l’union européenne; au Luxembourg. Je lui ai expliqué mon périple. Lorsqu’elles m’ont demandé ce que je faisais après, si je restais encore quelques minutes, j’ai peut-être raté une invitation en disant que je repartais après manger.

Une fois ma petite vaisselle faite, je me suis remis en route vers Trassem. J’ai trouvé un chemin qui longeait la route à travers les champs puis j’ai marché au bord de la route jusqu’à un chemin qui partait dans une forêt. Je me suis alors enfoncé dedans pour planter la tente. La nuit est vite tombée, surtout à l’ombre des arbres, et j’ai eu du mal à fini de monter la tente dans ce sol très mou et tapissé de feuilles.

Lorsque je me suis couché, la peur qui commençait à me gagner s’est confirmée. Un scarabée grattait les feuilles et , pire que le papillon à Troyes, il faisait autant de bruit qu’un renard essayant de rentrer dans ma tente. Je pensais que la forêt serait plus un havre de paix que les abords de la ville mais le silence amplifie le moindre bruit. Autant le bruit des voitures m’est familier, autant la musique de la nature l’était bien moins que je pensais.

C’est avec joie que j’ai accueilli le soleil le lendemain matin. Il ne m’avait pourtant pas empêché de dormir jusqu’à 9h. Je me suis doucement remis en route vers Trassem, à 3km de là.

Arrivé à Trassem, j’ai acheté de quoi petit déjeuner à la boulangerie puis j’ai cousu sur mon sac le petit drapeau français que j’avais trouvé la veille dans l’herbe au bord de la route.

J’ai demandé de l’eau à un riverain qui nettoyait sa voiture et il m’a dit qu’il y avait beaucoup de français sur la route ici à cause de la garnison française de Saarburg. Cette deuxième rencontre avec les allemands s’est avérée tout aussi agréable que la première.

SaarburgJ’ai marché sous le cagnard jusquà Saarburg où j’ai décidé de prendre mon temps. J’ai mangé sur un parking au bord de la route avant d’entrer dans la ville. Je me suis ensuite assis à l’ombre au bord de la Saar, je suppose, et je n’ai pas résisté à ma première Spaghetti Eis depuis 9 ans.

La Spaghetti Eis est tout simplement une glace à la vanille en forme de spaghetti avec du coulis de fraise et des copeaux de chocolat blanc.  J’avais découvert ça à Hanovre en voyage scolaire quand j’étais en 4e.

Je me suis remis en route vers 16h et après une route bien chiante entre une rambarde de sécurité et des buissons, j’ai trouvé la garnison française, justement sur la route de Hermeskeil.

J’ai alors été pris en stop par un allemand sympa qui m’a déposé à Zerf. Là, j’ai acheté mon gouté et un coca à la boulangerie du village et j’ai été confronté à une question à la con du genre : “pâte feuilletée ou pâte brisée ?” Mais qu’et ce que j’en sais moi ? Je comprends rien.

Puis tranquillement en train de fumer une clope au bord de la fontaine, un petit vieux moitié sénile a commencé à me parler à chaque fois qu’il venait remplir son arrosoir. Pas compris grand chose mais il a du me dire que je comprenais pourtant surement “baiser” et “aimer” ou “vivre”. Peut-être que je fabule, mais c’était tout de même marrant.

Ensuite, un couple de jeunes de guère plus de 20 ans m’a déposé 5 ou 6 km plus loin, au milieu de nulle part. Je sais pas si c’était mon affaire, ceci-dit, il y avait des forêts où dormir au cas où. Mais finalement, une dame m’a pris et a voulu m’avancer un peu. Mais elle m’a amené jusqu’à Hermeskeil après m’avoir dit que l’accent français était très beau. Je crois qu’elle me draguait.

A Hermeskeil, je commençais à avoir clairement envie de chier (désolé la censure a pas bien travaillé :-p), mais il valait mieux que je mange d’abord et que je fasse le plein d’eau.

Alors que j’étais en train de ranger ma popote sur un parking, deux gentilles petites vieilles ont entamé la conversation et m’ont donné 3€. Le don généreux m’a poussé à choisir l’auberge de jeunesse, que j’avais pourtant exclus jusqu’à maintenant. J’avais mal au ventre, au crâne et un gros besoin d’une douche.

A 16,5€ la nuit et le petit dej’, j’avais vraiment craqué pour le luxe ! Après m’être lavé, j’ai déambulé dans les rues puis j’ai pris un coca sur une terrasse. Une fois rentré, je pensais dormir d’une traite jusqu’au petit dej’ vers 8h, mais la douleur de mes pieds m’a réveillé au beau milieu de la nuit. Moi qui pensait avoir une nuit réparatrice, c’était raté. En plus, il fallait que je quitte la chambre à 9h30 mais j’ai obtenu une rallonge jusqu’à 10h.

Die Lorelei

St Goar, Vallée du RhinJ’ai tenté le stop à la sortie d’Hermeskeil mais je ne le sentais pas. J’ai donc marché 3km jusqu’à la route de Morbach. Là, j’ai été pris et déposé quelques kilomètres plus loin. Après plus d’une demi-heure d’attente et avoir retourné mon sac pour cacher mon drapeau français, un gentil père de famille m’a pris. Il y avait aussi son fils il me semble et une amie de son fils. Il m’a dit qu’il avançait au-dessus de Mainz, ce qui était plus que bien. On a alors roulé un moment, faisant une pause à Simmern où il m’a offert le mac-do puis nous sommes allés jusqu’à Herold je crois pour déposer Clara chez ses parents. Nous avons du traverser le Rhin par le bac, c’était marrant et surtout la région était magnifique.

Il m’a également raconté la légende de la Lorelei : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_la_Lorelei qui illustre très bien la beauté de la vallée du Rhin.

Nous avons passé plus d’une heure chez Clara, le gentil père de famille, dont j’ignore le nom, s’étant remis à table en arrivant (vers 16h ou 17h).

Alors que l’orage montait, j’ai appelé quelques campings en France pour la famille allemande puis nous sommes repartis.

Il m’a alors déposé sur la route de Limburg, à environ 20km, sous une pluie battante. J’ai alors attendu un moment sous un abris-bus avant de me décider à manger en attendant une éclaircie.

Malgré peu d’espoir, un gentil monsieur m’a pris et amené jusqu’au centre de Limburg. Les allemands n’hésitent pas à faire quelques kilomètres de plus pour m’arranger. Sie sind wirklich net.

Je me suis alors posé sur une place, en plein dans la vieille ville. J’étais fatigué et prêt à beaucoup de choses pour dormir sous un toit. Après avoir fumé quelques cigarettes et envoyé quelques textos, je me suis décidé à aller dans la Weinhaus à coté. Mes souvenirs du bar à vin à Rome étaient ceux d’un lieu accueillant, amical. J’en avais besoin.

La suite demain où vous rencontrerez Nicole et bien d’autres personnes.

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