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Mythos Dresden - Acte 3

par alf 24/06/2009

Cet article fait suite à la deuxième partie

Derniers jours en France

Vendredi 21 juillet 2006 15:02, Saarburg

J’ai pas écrit depuis quelques jours. Il est temps de reprendre.

Je m’en étais arrêté au camping. Alors cet après-midi, je suis allé avec Denis, Maartje et Krystel à la plage. J’ai encore cramé mais bon, les hollandaises en bikini, ça se refuse pas. On est ensuite rentré pour aller faire les courses avec elles puis on est retourné se baigner. On était tellement bien avec elles qu’on est rentré sur les coups de 20h, avec la peur de se faire engueuler par Céline pour la bouffe. En fait, ça les a plutôt fait marrer.

Le soir après mangé, les hollandaises sont venues nous rejoindre pour nous aider avec le rhum-orange. De fil en aiguille, y pensant depuis l’après-midi, j’ai embrassé Maartje.

Le lendemain, on est retourné faire des courses avec Denis et Céline. On a croisé les hollandaises, mais elles se sont à peine arrêtées. Ca m’apprendra à sortir avec une nana. A part ça, on a rien fait de la journée. On a glandouillé en lisant, en attendant que les autres rentrent.

La soirée, la dernière, s’est passée tranquillement. On a regardé le spectacle de Gad Elmaleh sur le portable de Johan. J’ai dit au-revoir à tout le monde, au cas où je ne les verrais pas le lendemain et je suis allé me coucher assez tôt.

Le lendemain, j’ai encore dit au-revoir à ceux qui étaient levés puis je suis allé payer le camping. 21€ c’est honnête. Après avoir poussé la voiture du vieil alcolo qui draguait les hollandaises, on a enfin pu décoller de Beaugency. Maartje et Krystel se sont arrêtées au bord d’un verger pour piquer quelques cerises puis on est reparti vers Orléans. Elles m’ont déposé à la sortie Nord, ce qui n’était pas la meilleure affaire. Les adieux avec Maartje étaient tout sauf déchirants. Même pas drôle.

J’ai du ensuite traverser un bon bout d’Orléans à pied pour trouver la direction de Montargis. J’ai finalement trouvé un rond-point avec une entrée pour la 4-voies, ce qui n’était pas du tout pratique pour que quelqu’un s’arrête. Pourtant, un jeune couple m’a pris et déposé à Montargis. Le voyage m’a d’ailleurs filé la gerbe, il était temps d’arriver.

J’ai erré un moment dans Montargis, à la recherche d’une pharmacie ouverte. Mais en ce 14 jullet, c’était peine perdue. Les médocs anti-mal des transports devront attendre. J’ai aussi longuement cherché des toilettes publiques mais les seules que j’ai trouvé étaient HS et ont failli me bouffer mes 10 cts. Au lieu de ça, j’ai fait mon Mc Gyver avec mon couteau suisse et j’ai pu récupérer ma pièce ainsi qu’une autre qui était aussi coincée.

Après un repas minable au saucisson, je me suis décidé à repartir, direction Sens. J’ai du faire entre 5 et 10km pour sortir de la ville car Amily touche Montargis.

Je me suis remis au stop sur la départementale qui va à Sens. Je sais pas si c’était le jour ou la route, mais j’ai attendu un bon moment avant qu’un mec, un peu bizarre, me prenne. Le gars avait entre 25 et 30 ans, un béret, l’air d’un jeune vieux quoi. A 140km/h sur la départementale, c’était rapide mais pas des plus rassurant. Il changeait les CD à 90 ou 100, avec une voiture 2 mètres devant. Je n’ai pas été malheureux lorsqu’il m’a laissé à une station essence, avec en prime un paquet de Marlboro.

J’ai marché jusqu’à trouver un meilleur endroit où faire du stop, mais le parking au bord de la route ne semblait pas faire l’affaire. J’ai donc encore pris ma route pour passer de l’autre coté de l’autoroute Paris-Lyon (je crois). En effet, quelques minutes plus tard, un couple d’une cinquantaine d’années m’a pris. Ils allaient jusqu’à Troyes, et avec la clim’ s’il vous plait. Ces gens très gentils m’ont ensuite expliqué comment traverser Troyes en bus. Saloperie de jour férié encore, j’ai du descendre du bus plus tôt car son parcours était différent. Du coup, j’ai du marcher encore un moment pour trouver un coin sympa où dormir. Finalement, un petit champ avec des arbres, caché derrière une haie, me semblait pas trop mal. J’ai pu mangé mes spaghetti bolognaises deshydratées en manquant de peu de foutre le feu à l’herbe et je me suis couché, un peu stressé.

Le lendemain, j’avais un objectif principal : trouver de l’eau. Il ne me restait plus qu’un litre et j’étais assez loin de toute habitation. J’ai donc repris la marche le long de cette départementale pour trouver où faire du stop. Enfain, sur un parking, un français à l’accent et à la plaque belge m’a emmené jusqu’à Piney où j’ai pu faire le plein à la fontaine du village. Le mec était trop sympa, il demandait à ma place ou trouver de l’eau.

Après un pain aux raisins et la pharmacie, j’ai été rapidement pris par un jeune guadeloupéen qui m’a parlé de dieu pendant tout le trajet. J’ai pas mal ri, surtout intérieurement. On a fait une escale dans la banlieu de Saint Dizier pour voir si son frère était là puis il m’a déposé à la gare de Bar-le-duc. Ca me semblait être la meilleure alternative pour ne pas arriver trop tard chez Amélie.

J’avais rencontré Amélie un an plus tôt quand je faisais un stage chez Jamendo, au Luxembourg.

1h30 plus tard, soit à 14h30, j’étais à la gare de Luxembourg. Je me suis senti un peu clodo dans ce TGV tout beau tout neuf.

Bon, il est 16h, je suis à Saarburg en Allemagne et il est temps que je reprenne la route pour avancer un peu. Je n’ai fait que 8 ou 9km depuis ce matin. Je reprendrais plus tard malgré mon retard dans le récit et je m’en vais essayer l’hospitalité des allemands sur la route en faisant un peu de stop.

Luxembourg

22 juillet 2006 23:43, à 3km de Limburg

Bon, je reprends rapidement où j’en étais resté pour arriver à cette magnifique journée.

Alors, à la gare de Luxembourg, j’ai retrouvé ma belle Amélie. On s’est arrêté à la station essence pour acheter de la bière et on est rentré chez elle, à Ehlange. Là, j’ai pu boire une bonne bière fraiche et on a repris nos discussions. Je lui ai raconté la première partie du voyage et on a aussi, naturellement, parlé de Flo. Sans commentaire. Et puis j’ai pris un bain. Le bonheur. Dissoudre la crasse des deux derniers jours pendant 1/2h était encore meilleur que la bière.

Ensuite, Sylvie, la voisine du dessus et amie d’Amélie, est venue nous rejoindre et nous sommes allés dans un resto portugais pour manger des gambas. C’était la première fois que j’en mangeais mais je n’ai pas été déçu. Cuisinées à l’ail et à l’huile d’olive, avec des frites, de la salade, des tomates et des oignons, c’était un vrai régal.

De retour, comme le matelas pneumatique ne fonctionnait pas et qu’Amélie avait abandonné l’idée que je dorme dans le lit de sa fille, j’ai dormi avec elle. Juste dormi.

Le lendemain matin, après une mauvaise nuit, j’ai eu le droit à un vrai petit dej’, à volonté. On a glandouillé un moment jusqu’à ce que Patricia vienne me chercher vers 16h30. J’ai dit aurevoir à Amélile rapidement, trop rapidement, je préfère quand c’est déchirant.

Patricia était ma coloc pendant mes 3 mois de stage chez Jamendo.

Je suis donc arrivé chez Patricia, à Moutfort, le dimanche 16.

Après un petit apéro et l’échange des dernières nouvelles, au combien importantes, mais je ne raconterais rien ici, nous sommes allés au restaurant à Rémich, au bord de la Moselle. Ca m’a permis de repérer les lieux puisque cette ville se trouve à la frontière allemande.

J’ai pris une pizza hawaïenne, celle avec de l’ananas, comme il y a un an, et j’ai osé ramener la voiture moitié bourré. Enfin, j’avais jamais bu que deux verres, mais j’étais plus très frais.

Concernant les jours suivants, je vais zapper les journées, car Patricia travaillant je n’ai pas fait grand chose à part geeker.

Lundi soir, nous sommes allés à Luxembourg, sur la place d’armes avec Kathia et Pascal, que j’avais déjà rencontré l’année dernière.

Mardi, j’ai fait un saut à Lux-ville (Luxembourg-ville) pour m’acheter un livre d’allemand. J’ai également pris un dico et une carte. Le soir, nous avons mangé des grillades tous les deux.

Mercredi soir, on a encore mangé des grillades et on eu le droit à la mise-bas de Formoza, 3e du nom je crois. Formoza, c’est le chat.

Bon, je suis KO là, je reprends demain matin.

Rendez-vous demain, on passera la frontière allemande et on continuera la progression en terre inconnue.

Voyage , ,

Mythos Dresden - Acte 2

par alf 23/06/2009

Cet article fait suite à la première partie

Première rencontre

23h53

Avant d’expliquer pourquoi et comment je viens de passer la soirée à me gaver de frite devant Allemagne-Portugal, avec en prime un whisky-coca, je vais reprendre où je me suis arrêté.

Vendredi matin, réveil à 7h avec toujours le même mal aux jambes et aux pieds. Pour ne pas changer, mon petit déjeuner se compose de ma tisane verveine-menthe et d’une barre de céréales. Après une clope et un brossage de dents, il a fallu replier la tente toute humide à cause de la rosée. Mais c’est aussi tout un rituel : pliage et compressage du duvet pour le faire loger dans le sac et enroulage du tapis de sol, ce qui ne manque pas de le salir dans les cailloux, un petit brin de toilette pour se rafraichir et c’est reparti avec les 15kg sur le dos.

Cinq minutes après mon départ, une camionette du service communale s’arrête où j’ai dormi. Je viens peut-être d’éviter de me faire réveiller et virer dès le premier jour.

Etant donné l’état de mes pieds, je décide qu’aujourd’hui sera de l’auto-stop. Je marche quelques kilomètres, interminables à cause de la douleur, pour arriver sur la route Nantes-Ancenis. Après quelques centaines de mètres, je trouve enfin un endroit propice pour faire du stop. Moins de cinq minutes après, un jeune s’arrête et m’amène jusqu’à Ancenis. Je traverse le rond-point et cinq minutes plus tard, c’est un couple de trentenaires qui me prend et me dépose à Saint Georges sur Loire. Le temps de fumer une petite clope et je m’y remets. Environ cinq minutes plus tard, une cinquagénaire m’amène jusqu’au centre d’Angers. Mes parents essayaient de me convaincre que le stop ne marchait plus de nos jours. Soit j’ai vraiment une bonne tête, soit ils ont tord.

Une fois à Angers, je me suis trainé jusqu’en dehors de la ville, avec les pieds plus douloureux que le matin. J’ai fait une petite pause soucisson en attendant de manger mon riz à Saumur. A peine reparti pour trouver un endroit ou faire du stop que je dois m’arrêter pour mettre un nouveau pansement sur trois ampoules cote à cote. Compeed, ça fait du bien où ça fait mal. Je traverse le parking d’un centre commercial et je commence à faire du stop sur la route de Saumur. Si j’avais les pieds en état, j’aurai préféré la campagne plutôt que de devoir traverser le béton et les parkings de Quick.

A peine plus de cinq minutes plus tard, ma clope à peine commencée, un mec d’une quarantaine d’années me prend. Un gars gentil mais bien bouseux, qui s’adresse à moi à la troisième personne : “y peut r’monter la fenêtre si l’a trop d’air”. N’ayant pas compris sur le coup, je sors un vulgaire “hein ?” et il me répète : “vous pouvez remonter la fenètre …”. Note pour plus tard, la troisième personne est une formule de politesse, certes un peu rustre mais attachante.

Il me dépose à Mazé, à 29km de Saumur. Je marche 300m jusqu’à un parking en bordure de route et je reprends le levé de pouce. Au passage, lever le pouce, c’est vite fatigant quand on a pas l’habitude.

Et là, pour une fois, j’attends plus de 25 minutes en plein cagnard. Une camionette de jeunes cons fait mine de s’arrêter pour se foutre de ma gueule. Y’a vraiment des baffes qui se perdent. Mais l’instant d’après, j’entends des coups de klaxon derrière moi et je vois une autre camionette arrêtée à une centaine de mètres. Au début, je suis sceptique, redoutant de faux espoir, la camionette étant arrêtée après le parking. Pourtant la personne me fait des signes. J’avance pour me rendre compte que c’est une charmante jeune fille et non la famille qui m’avait croisé au même moment. Elle me demande où je vais et m’embarque dans son véhicule.

Céline a en fait 31 ans et est en route pour Beaugency. Elle est comédienne, un peu babacool, et se rend là-bas pour animer un labyrinthe de maïs. Beaugency se situe entre Blois et Orléans, c’est à dire exactement sur ma route. Après un momet d’hésitation du au fait que je n’ai toujours pas mangé et que la route me file la nausée, j’accepte d’aller avec elle jusqu’à Beaugency. Ca serait tout de même con de laisser tomber une bonne rencontre, d’autant plus qu’elle me propose de squatter avec elle et les autres comédiens au camping.

Voila donc comment j’e me suis retrouvé au camping “Val de flux”. J’ai rencontré Vincent, Denis, Clémence et Yohan, ses camarades comédiens qui travaillent avec elle, et depuis deux jours je me la coule douce en campeur du dimanche. Le stage de survie est encore loin à ce stade.

Si j’ai le temps d’écrire ce soir c’est qu’ils font tous une nocturne de 22h à 2h où le but est de faire flipper les gens et pleurer les enfants, déguisés en sorcières, loups, lépreux, fantomes, … Les consignes peuvent paraître un peu extrêmes, mais elles semblent bien à l’image du patron de ce mini parc à beaufland.

Ce Jean-Claude est décrit comme un facho qui se prend pour le parrain de sa petite mafia à Beaugency. C’est drôle vu d’ici.

Ce soir, j’ai raté une occasion de participer à l’animation. Il manquait un comédien et Vincent m’a appelé en renfort. Malheureusement j’avais éteint mon portable et j’ai eu le message 3h plus tard. Je viens de rater une bonne partie de rigolade et 45 euros. C’est peut-être partie remise.

Lorsque le vent porte et traverse la Loire, j’entends les fantomes du maïs pousser leurs cris dans le labyrinthe hanté.

La fatigue me gagnant, je vais en rester là pour ce soir, d’autant plus que je ne me sens pas assez seul pour écrire des centaines de pages par jour. Et puis, il y a un pc portable, une guitare, Flo a essayé de m’appeler; je me sens décidément pas en survie, à mes limites.

Bonne nuit à moi.

Mardi 11 juillet 2006 1:22

Ce soir, ça a beaucoup discuté avec Clémence, Céline et Vincent. Pour la première fois depuis des mois, j’ai écouté. Je n’ai presque pas parlé. Céline a longuement parlé de la mort de ses grands-pères et ça a fait remonter les morts de mes placards. Le whisky et le pèt’ n’aidant pas, j’en ai eu les larmes aux yeux. J’avais oublié la tristesse et la douleur depuis quelques jours. La sensation est bizarre, je ne me sens pas seul et pourtant je le suis. J’aurais besoin d’affection et pour une fois, je n’ai personne vers qui me tourner. Ce n’est pas celle de Flo qui me manque, car là où je suis, vu la situation, je vis sans, sans trop de peine. J’aurais bien aimé que Céline me rassure, sans qu’il n’y ait de connotation sexuelle derrière. En effet, j’ai fantasmé sur les voisines hollandaises toute la journée, mais ce soir, je voudrais juste une grande soeur qui me sert dans ses bras. Enfin un peu plus bien sûr, mais je ne veux pas pour autant coucher avec Céline. Juste pour être dans des bras qui me rassurent.

Je repense à Cédric et au serment que je me suis fait de ne jamais le laisser tomber. Comment en est-on arrivé là ? En plus, j’ai rêvé de lui cette nuit.

Cédric avait été  mon meilleur ami pendant une vingtaine d’années et sortait alors avec Flo depuis 3 ans.

Demain, ça ira surement mieux.

Pour ce qui est du train-train quotidien, aujourd’hui, on est allé sur une petite plage à coté du camping et on s’est baigné dans la Loire avec Yohan, Clémence et Vincent. Résultat des courses : on est rouge et on a bien chaud maintenant. Mais Céline m’a mis de la crème, ça fait du bien.

Demain, c’est mon avant-dernier jour ici, et après je remets les voiles vers le Luxembourg. Je ne voulais pas m’arrêter plus de deux jours dans un endroit, mais là c’est raté. Même si je ne peux pas encore affirmer que je me suis réellement attaché à ces comédiens du Maïs, les quitter sera dur tellement je retrouve les joies du camping de l’adolescence.

Allez, je m’en vais cuire dans mon duvet.

Mercredi 12 juillet 2006 13:09

Hier, je suis allé voir les hollandaises quand tout le monde s’est couché. On a discuté et bu du vin rouge. Mais ce coup-ci, je n’ai pas pu m’empêcher de raconter la vue pendant 2h, peut-être parce que c’est plus facile de parler anglais que de comprendre. Ce matin, elles sont venues prendre le petit déjeuner avec nous. Maartje and Crystel are very nice girls :-)

Aujourd’hui, je passe la journée avec Céline et Denis, ça va changer pour mon dernier jour. Bon, même si Céline est pas d’une humeur folle ce matin, ça devrait être cool, paisible. Finalement ce midi, j’ai pas grand chose à raconter. Je pense au départ. Hier, je me sentais encore seul. J’écoutais plus Noir Dez que la conversation théâtreuse. La durée du séjour est parfaite, il commence à être temps que je parte.

Demain, la suite racontera le départ de Beaugency et la route jusqu’à Luxembourg, mon premier point de chute prévu.

Voyage , ,

Mythos Dresden - Acte 1

par alf 22/06/2009

Il y a trois ans, presque jour pour jour, je venais d’obtenir mon diplôme et je m’apprêtais à fuir. Partir à l’aventure comme j’avais toujours rêvé de le faire mais contraint à l’exil à cause d’un si banal chagrin d’amour. Et comme dans tout mal il y a un bien, la douleur était alors telle que je n’avais plus aucune peur de quitter mes amis, ma famille, mon confort.

Ce qui va suivre est la retranscription du carnet de route que j’ai tenu lors de mon périple jusqu’à Dresde, en Allemagne. Je suis parti avec quelques points de chute en tête mais les objectifs avaient au départ bien moins d’importance que la force qui m’a poussé pendant un mois et demi dans cette fuite en avant.

Dans ce qui va suivre, le contenu de mon carnet de route sera écrit comme ceci, sans être retravaillé, avec les fautes d’origine (sauf les plus grosses :-) ), et les annotations rajoutées pour votre compréhension seront en italique. J’espère pouvoir vous transmettre ce voyage aussi bien intérieur que sous le soleil de ce bel été 2006 de la manière dont je l’ai vécu. En route pour la Neustadt !

Prologue

Lundi 3 juillet 2006 00:38, La Roche sur Yon.

Je passe mes dernières heures devant l’ordinateur avant un long moment. L’heure du départ approche.

Je voulais partir par colère, par envie de tout laisser derrière, tout le monde. Mais aujourd’hui, je ne me sens plus autant poussé vers l’aventure, peut-être parce que la peur de rester s’est rabaissée au niveau de la peur de partir, ou l’inverse. Ce qui est sur, c’est que rien ne me retient à La Roche. Et le fait que Flo ne semble pas mesurer les conséquences de mon départ ne me donne plus envie de rester pour elle.

J’ai vraiment l’impression d’être nulle part. De retour à La Roche, je n’y retrouve plus que ma famille. J’y rejoins Flo aussi. Donc uniquement ma famille … Dans trois jours, je serais vraiment nulle part. Injoignable par téléphone, personne ne saura exactement où je suis, et sans être au courant de ce qu’il advient de moi, je n’existerai plus au travers des autres. Livré à moi-même, mon existence ne relèvera que de mes actes et de mes pensées et pas de la perception qu’en ont mes proches.

j’ai l’impression d’écrire pour ne rien dire, juste histoire de passer le temps en attendant que le PC ait fini son boulot. Je crois aussi que je veux me familiariser avec ce nouveau cahier qui va me suivre durant ce périple. C’est peut-être aussi l’occasion de laisser quelques lignes qui me rattachent à La Roche. Mais c’est surement parce que je n’ai rien d’autre à faire à cet instant que j’écris. Ecrire, c’est parler à son ami imaginaire, à sa conscience, au monde. C’est se sentir moins seul.

Finalement, si je pars, c’est bien parce que cette solitude du voyage ne m’effraie pas plque que la solitude que je ressens ici. Pourquoi est-ce que j’aime tant Flo ?

Quand je serai parti, au moins il y aura surement moins de pensées tordues et plus de faits à raconter ici. Ou alors autant des deux et les nuits seront courtes. Une chose est sûre : je vais avoir chaud.

Première nuit

8 juillet 2006 20:22, Beaugency.

Ca fait deux jours que je suis parti et le voyage prend une toute autre tournure. Je pensais souffrir physiquement et moralement, mais les faits sont bien différents. Je suis allongé sur une couette au bord de la Loire, et quand je dis au bord, c’est à quelques mètres. Face à moi, j’ai le droit à un beau couché de soleil sur la ville (qui semble plus médiévale que renaissance).

Si j’ai le temps d’écrire ce soir, c’est que mes cinq compagnons sont partis travailler. Mais avant de raconter tout ça, je vais d’abord reprendre depuis le début.

J’ai quitté mon appartement, et Gaël par la même occasion, jeudi vers 15h. Je suis passé à l’office du tourisme à Nantes pour trouver le départ du GR3. A peine parti, je me suis acheté un flan au chocolat dans une patisserie, peut-être pour profiter une dernière fois au luxe qu’offrent les villes. Enfin surtout parce que j’avais faim en fait. J’ai filé qu’à l’endroit où se jette l’Erdre dans la Loire et j’ai trouvé le départ de mon chemin.

Gaël et moi jouions à l’époque dans le même groupe de rock, feu VoX :-p c’est toujours un ami proche et le deuxième auteur de ce blog.

La première partie n’était pas très passionnante : de la marche sur des trottoirs ou des chemins de cailloux entre la ville et le fleuve. Mais une fois sorti de Nantes, l’expédition est devenue plus rurale. J’ai longé Saint Luce où on découvre des sortes de bidonvilles faits de mobil-homes, de cabanes en bois et de rottweilers dans les jardins, la banlieue nantaise à son paroxysme en somme. Et pour ajouter au dépaysement, quelques carcasses de voitures, calcinées ou non, agrémentent le paysage trop vert pour la métropole. Cependant, le décor revient au propre après Sainte Luce, et de Thouaré à Mauves sur Loire, les chemins et les pistes se succèdent inlassablement. Tout comme se sont succédées les averses et les éclaircies. A part les jambes, j’ai réussi à rester au sec sous mon poncho, et heureusement, je n’aurai pas voulu me coucher trempé.

Mon objectif pour cette première journée était d’atteindre Mauves. Sur les panneaux, le parcours indique 13,5km. En comptant le départ de Commerce (la place du commerce dans le centre ville de Nantes), ça doit bien m’amener à 15km, ce qui me semblait un bon début pour une première demi-journée. Arrivé à Mauves, j’ai décidé de trouver un coin où manger, et vu le temps incertain, sous le pont traversant la Loire me semblait la meilleure idée. Mon premier repas à commencé au saucisson, et au moment de penser à me faire du riz, j’ai pris conscience que le reste de la bouffe était dans le fond du sac. Mauvaise organisation. Il devait être entre 19h et 20h ou peut-être un peu plus. Il s’avérait plutôt judicieux de trouver un coin où dormir et où déballer le sac pour finir de manger. C’était un premier cap car la carte du GR3 que j’avais récupéré à l’office du tourisme s’arrêtait à Mauves. Je partais donc enfin pour l’inconnu. Je me suis alors engagé sur la suite du sentier, suivant les balises blanches et rouges du GR pour un putain de trajet entre la voie-ferrée Nantes-Angers et une haie épaisse m’empêchant d’aller camper dans les champs. J’avais déjà les pieds en feu depuis Thouaré et une ampoule avérée. Après quelques interminables kilomètres, je suis enfin arrivé sur un petit terrain plus dégagé. Toujours les rails à gauche, mais un étang et des champs à ma droite. Face à moi, le chemin se transformait en une petite route pavée qui montait jusqu’au passage à niveau du Cellier. A vu de nez, j’avais du faire près de 20km et je n’en ferais pas un de plus. Je me suis arrêté au bord de cette route sur une petite terrasse en herbe de quelques mètres, surplombant l’étang et les champs en contrebas.

Il m’aura fallu remplir deux fois mon réchaud à alcool pour réussir à faire cuire mon riz, avec pour seuls accompagnements un peu de sel et un cube de bouillon. Pour l’anecdote, mon réchaud est fabriqué à partir d’une canette de coca en suivant des plans trouvés sur le net (http://www.randonner-leger.org/wiki/doku.php?id=p3rs). Le rendement est pas si mal vu la simplicité de l’outil.

Après une tisane en guise de dessert, je me suis occupé du montage de la tente alors que la nuit commençait déjà à tomber. Mais ce qui devait me prendre dix minutes a pris près d’une heure car le sol était pourri. Sous les trois ou quatre centimètres de terre molle et trempée, il y avait de la pierre et rien que de la pierre. En plantant les sardines parfois quasiment à l’horizontale et à l’aide d’un peu de paracorde, j’ai finalement réussi à faire tenir sommairement ma nouvelle maison de fortune. Il ne me restait plus qu’à prier qu’il ne pleuve pas.

Cette première nuit, il n’a pas plu.

La suite demain soir

Voyage ,

Les sacs Super U, pas si recyclables que ça

par alf 17/06/2009

Juste un tout petit billet ce midi pour raconter une petite anecdote de la semaine dernière. Suite à mon déménagement de la colloc, j’ai hérité de quelques sacs Super U, les gros solides. Ils nous servaient à mettre le verre pour l’amener dans les containers et étaient donc passablement dégueulasses, de la bière, du vin et tout sorte de choses ayant coulé dedans. Je me suis dit que j’allais pas me faire chier et les ramener à Super U, qui dit les reprendre pour les échanger. La personne de l’accueil les regarde et me dit qu’ils ne reprennent que les sacs troués. Je lui ai demandé si elle les reprendrait si je faisais des trous dedans mais ça l’a laissée perplexe.

Finalement, face à son manque d’enthousiasme, je les ai jetés dans la poubelle à la sortie du magasin. Autant j’aime bien Super U pour leurs produits Bio, autant là ils me déçoivent. Et oui, j’aurai pu les nettoyer, mais j’avais pas le courage (fouettez moi !!) et surtout pas besoin d’autant de sacs.

Humeurs

Killswitch Engage au Bataclan \m/

par alf and gawel 15/06/2009

killswitch-engage-band1

Lieu : Le Bataclan, Paris
Date : 11/06/2009

Désolé pour cette absence un peu prolongée, mais un déménagement plus des déboires avec Free font que j’ai plus le net à la maison.

Ce petit article pour vous raconter le concert de KSE à Paris jeudi dernier que m’a offert Gawel pour mon anniversaire, MERCI encore ;-). Déjà, je commence par découvrir la queue à l’entrée de la salle. A nantes, on arrive 1/4h avant et on rentre à l’heure. Là, 1h30 avant le début du concert, le trottoir est déjà bondé sur plusieurs dizaines de mètres. Début de la première partie, Dir En Grey, vers 20h et nous n’avons pas regretté de nous être installé sur les balcons. 1h15 de métal-rock expérimental japonais, inaudible, mal sonorisé. Tout n’est qu’affaire de gout mais Dir En Grey, c’est aussi moche musicalement que visuellement. Un chanteur sans charisme habillé en Monsieur Mégot du Petit Spirou, un bassiste genre indochine/tokyo hotel et un public féminin émo un peu navrant. La jeunesse se perd :-p Hormis les ptites bagarres verbales entre les deux publics (des “ta gueule” ont fusé quelques fois), le concert s’est bien passé (mais bien trop long à supporter).

adamdArrive ensuite Killswitch Engage après le changement de plateau. La fosse s’était vidée et nous avons pu profiter du groupe d’assez près. Le gros son est de sorti, les morceaux toujours aussi clean et le jeu de scène toujours aussi pêchu. Adam, toujours aussi barré, court partout et nous lance comme premières paroles : “We are here to drink all your beer and pee on your girlfriends”. Sacré Adam, et je suis sûr que c’est un nounours dans la vie civile :-) On a eu le droit à My Curse, Bid Farewell, The Arms of Sorrow, Last Serenade, The End of Heartache … ainsi que Holy Diver (reprise présente sur l’édition spéciale de As Daylight Dies) et Starting Over, une chanson du prochain album sortant à la fin du mois. Dès les premiers morceaux, Killswitch nous a fait faire un grand cercle dans la foule qui s’est transformé en un gigantesque pogo. Il y a également eu un Braveheart :-) mais globalement, public métalleux très cool et pas méchant pour un sou.

Plus le concert avancait et plus ça headbangait, plus on se rapprochait et plus ca prenait aux tripes. On garde juste une impression de pas assez quand le concert s’est terminé après une heure de set. Ca m’a quand même donné une bonne occaz de sortir mon t-shirt KSE/Take This Oath et j’espère bien pouvoir recommencer smiley_metal

Et en bonus, un extrait du dvd live pour vous donner une idée de ce qu’on a vécu :

Live report ,