Archive

Archives de l'auteur

La France des chiffres

par gawel 07/04/2009

On savait que le Saint-Chiffre (d’Affaires j’entends) imposait son règne sur notre beau Monde capitaliste… Mais depuis 2007 (année de l’avènement d’un certain gouvernement), ce sont d’autres chiffres qui régissent le pays. Je parle ici des objectifs de sanctions fixés par les hautes autorités…

Prenons l’exemple d’HADOPI dont nous avons pas mal parlé ici : Mme Albanel nous annonce à l’emporte pièce un objectif de 10 000 avertissements par jour, 3 000 lettres recommandées et 1 000 décisions par jour.

On peut prendre comme autre exemple celui de M. Besson, avec ses 26 000 reconduites à la frontière pour l’année 2009. (Rappelons que M. Hortefeux avait eu le même objectif, et étant un très bon élève, celui-ci l’avait largement dépassé affichant pas loin de 30 000 reconduites, chapeau !)

PV

Les chiffres dont je voulais vous parler aujourd’hui sont ceux qui ont été annoncés il y a de ça quelques semaines dans le magazine Auto Plus. Il s’agit des objectifs de contraventions à rédiger pour les fonctionnaires de “l’ordre” public. Parce que là il ne s’agit plus de sécurité routière malheureusement. Si à la base certains radars bien placés pouvaient effectivement améliorer la sécurité dans des zones dangereuses, ce point là (la sécurité donc) est devenu bien secondaire dans les mobiles de contrôles sur les routes. Voilà ce qui me gêne…

Alors on voit d’ici certains moralisateurs du type “suffit de pas dépasser les limites de vitesses”, ceux-là s’abstiendront s’il leur plaît, on connaît les limites à ne pas dépasser. Sauf que lorsque le contrôle se fait sur une autoroute complètement dégagée, sur une portion à 110km/h, passant à 130km/h 200m plus loin, et que vous êtes flashé à 120km/h, là on est très loin de la mesure de sécurité. Il ne s’agit même pas de vouloir rouler plus vite que la vitesse autorisée, juste une anticipation (à tort) de la future vitesse autorisée. Qu’on ne vienne pas me dire que dans ce cas on roule à une allure dangereuse, je n’en croirai pas un mot. Il s’agissait juste d’un des endroits les plus efficaces pour “faire du chiffre”…

Punissons l’individu moyen, c’est le plus facile à avoir, celui qui ne fait pas exprès d’enfreindre les règles, capable d’une faute occasionnelle comme tout être humain, et beaucoup trop honnête pour contester, ou ne pas payer. Celui-ci est la “vache à lait du gouvernement”, puisqu’en plus de ça il a les moyens de payer.

On dit merci qui ?

Edit du 08 avril 2009 : Autre chiffre, Eric Besson a reçu fin Mars dans une lettre rendue publique ce mardi un nouvel objectif qui est de 5000 arrestations dans l’année pour les personnes “coupables” d’aide à l’entrée ou au séjour d’immigrés en situation irrégulière. Si par cet intitulé vous pensez que l’état ne s’attaque qu’aux passeurs ou mafieux, détrompez-vous de suite, sont concernées toutes les personnes leur venant en aide, si vous hébergez un clandestin qui meurt de froid, que vous lui donnez un plat chaud et que finalement vous lui permettez simplement de survivre, vous êtes un criminel…

Dans cette même lettre est indiqué l’objectif de non pas 26 000 mais 27 000 reconduites aux frontières pour l’année 2009.

Humeurs

HADOPI : Mme Albanel connaît bien son sujet…

par gawel 03/04/2009

Une petite intervention de notre chère Ministre de la Culture à propos du logiciel libre…

Christine Albanel - Logiciel libre

La question à la base n’était pas forcément plus claire :

Les dispositifs de sécurisation des ordinateurs sont à l’opposée des dispositifs que peut tolérer et accepter le logiciel libre. Ou bien vous considérez que le logiciel libre ça n’a pas d’importance, que vous décrétez l’indifférence nationale contre le logiciel libre, ou bien vous nous dites comment c’est compatible.

Comme on peut le voir, ce sont des connaisseurs qui nous pondent cette belle loi !

Actu , ,

Facebook m’a tuer (sic)

par gawel 27/03/2009

Aujourd’hui j’ai décidé de me séparer de Facebook…

Tout le monde connaît Facebook

facebook Evidemment, le plus gros réseau social mondial avec ses plus de 175 millions d’utilisateurs actifs, une moyenne de 120 amis par personnes et 4 millions d’utilisateurs français (ce qui en fait le 2e réseau social national, derrière Copains d’Avant), si vous n’y êtes pas vous même, vous connaissez forcément quelqu’un qui est “sur Facebook”.

Et si vous êtes de ceux qui n’y sont pas inscrits, vos amis n’hésiteront pas à vous accompagner dans une démarche d’intégration à leur réseau d’amis, à grand coups d’E-Mails d’invitation, de groupes de soutien pour que vous vous y inscriviez, etc.

Facebook fait partie du quotidien à un tel point que les humoristes en parlent, comme ils parlent de la vie courante (Gad Elmaleh, Jérome Commandeur, etc.)

Mais Facebook ça sert à quoi ?

A la base, Mark Zuckerberg a créé ce site pour l’université d’Harvard. Comme son nom l’indique, il s’agissait d’un annuaire en ligne avec photos des étudiants de la prestigieuse université. Ouvert au public depuis 2006, le site a vu une popularité grandissante et son réseau croître de manière exponentielle.

Ce qu’on y fait ? On retrouve ses anciens camarades perdus, on affiche nos goûts et tendances en appartenant à des groupes  - qui pour certains permet également d’afficher sa naïveté, cf. “Pour savoir qui est ton âme soeur, rejoins ce groupe”, et beaucoup d’autres qui ne sont pas sans rappeler nos bonnes vieilles chaînes mail -, on partage des photos et des vidéos en y “taggant” ses amis, on organise des évènements, on devient fan d’artistes, de bières, d’émissions, on “poke” des inconnus, on joue… Bref, Facebook est un lieu de vie à part entière.

En sachant que tout ce qu’on y fait est lié à d’autres pages, cela en fait une toile très complète, ce qui permet facilement de retrouver qui a fait quoi, où, avec qui, autant sur le site que IRL (In Real Life). Le point fort est la centralisation, le pari est tenu que si toutes les informations sur ses amis (ce qu’ils font, ce qu’ils pensent, etc.) sont réunies en un seul endroit, il leur sera alors inutile de visiter d’autres sites.

Du côté de l’entreprise Facebook, ce site permet surtout de récolter un maximum d’informations personnelles sur les inscrits. Le but premier étant bien évidemment de cibler au maximum la publicité sur Internet en fonctions de ces données.

Parce que bien sûr, tout ce que vous y faîtes ou postez devient la propriété du site puisque sur leurs serveurs, ce qui a valu un fort sentiment d’insécurité des données pour les utilisateurs. Rassurez-vous, depuis Facebook a fait un pas en arrière, et il est désormais beaucoup plus facile d’en supprimer ses données.

Pourquoi en sortir ?

FB est un peu un “monde merveilleux”. Exit les conflits, si on n’aime pas une personne il suffit de ne pas l’ajouter à ses amis ou de l’en supprimer. Dans FB tout le monde y va de son petit commentaire, si possible positif. Pour preuve l’unique possibilité de pouvoir “aimer” ce qu’un ami a posté, le lien “J’aime pas” n’existant pas. Tout est fait pour rendre agréable votre expérience Facebook, pour vous donner l’impression que ce que vous postez est bien (puisqu’on n’a encore quasiment que des avis positifs). On a parfois l’impression aussi d’être la source d’information de ses amis, tout simplement l’impression d’être quelqu’un. Et si IRL il est parfois difficile de se faire des amis, sur FB on atteint assez facilement la centaine d’amis !

Et pourtant on compte de très nombreux départs ou désirs de départs, à en juger par les résultats d’une simple requête Google.

Alors pourquoi sortir de ce pays des merveilles ? Pour plusieurs raisons possibles, et Facebook le sait très bien puisque lorsque vous voulez désactiver votre compte, le site vous demande de choisir dans une liste quelle raison aurait motivé votre départ.

quitterfb

Et bien évidemment, FB ne vous laissera pas partir comme ça. Cochez “Je ne sais pas me servir de ce site”, et un message s’affichera expliquant que “dans ce cas, vous pouvez consulter l’aide en ligne”. Et le site a une réponse toute faite pour chacune des raisons éventuelles !

La plupart des départs envisagés, témoignent visiblement d’un désir de récupérer sa vie privée, et de ne pas voir son “profil” vendu comme on vend de la viande sur le marché.

(…) Et qu’un profil ne se vend pas comme une brique de lait. Et que les rencontres, souvent, ne sont belles que lorsqu’elles ne sont pas virtuelles. Alors, Révolutionnaire, si tu veux lutter, peinard, en charentaises, ne crée pas de profil sur Facebook. Si tu en as un, supprime-le.

Extrait de la Révolution en Charentaises

Le départ effectif

Pour ma part, et contrairement à beaucoup de ceux qui quittent le site, je n’ai pas voulu partir pour protéger ma vie privée (je ferai surement un billet plus tard concernant ce point). J’ai voulu quitter FB parce que j’y passais beaucoup (trop) de temps. Ce site est assez addictif dès lors qu’on commence à y être un peu actif. Lorsque j’ai coché cette raison, Facebook s’est empressé de me proposer de modifier mes notifications par mail pour en recevoir moins, et ainsi peut-être me connecter moins souvent sur le site… Mais de toutes façons ma décision était prise.

J’ai donc désactivé mon compte… Mais en quoi ça consiste ? Du point de vue des utilisateurs restant sur Facebook, ils n’ont tout simplement plus accès à votre profil, les liens sur vos commentaires et posts précédents, s’ils ne sont pas cachés, n’existent plus. Vous êtes un fantôme. fbdep

Du point de vue de celui qui désactive son compte, ça ne change pas grand chose. En très gros, ça équivaut à se déconnecter du site. Pour réactiver votre compte il vous suffit de vous connecter une fois avec vos identifiants, comme si votre compte n’était pas désactivé. Dès que vous vous êtes connecté à nouveau, tout est là, comme si vous n’étiez jamais parti. Il est donc très facile de replonger…

Finalement, se déconnecter de Facebook alors que tous ses amis y sont encore, c’est presque comme être l’un des premiers à quitter une soirée où tout le monde s’amuse. On a parfois cette impression qu’on risque de manquer quelque chose, de ne plus être dans le coup, de se faire oublier. Et puis ça passe…

Et on se rend compte finalement que pour un gros utilisateur de ce réseau social, bien que s’en défaire peut donner l’impression de manquer (de) quelque chose, au final on y gagne du temps (par exemple, pour écrire un article expliquant mon départ de ce même site).

Un retour ?

Car je n’ai que désactivé mon compte Facebook, il me sera très facile de revenir. Pour m’en empêcher totalement il eût fallu que je supprime complètement mon compte. Mais je ne le ferai pas…

Pas que je sache que je replongerai très vite dans FB, mais surtout que Facebook peut aussi s’avérer pratique sur certains points. Notamment en ce qui concerne la promotion, qu’elle soit d’un blog (Bordel Ambiant ?), d’un groupe ou d’autres créations diverses, qu’elles soient personnelles ou non. Il s’agit ici d’un des meilleurs vecteurs de communication moderne.

Alors qui sait ? Surement reviendrai-je sur Facebook pour une utilisation beaucoup plus modérée, mais surtout beaucoup plus axée sur l’utilisation du networking pour la promotion, que pour y raconter ma vie… J’ai déjà un blog pour ça !

Humeurs ,