Mythos Dresden - Acte 1 Partagez cet article sur Facebook

par alf 22/06/2009

Il y a trois ans, presque jour pour jour, je venais d’obtenir mon diplôme et je m’apprêtais à fuir. Partir à l’aventure comme j’avais toujours rêvé de le faire mais contraint à l’exil à cause d’un si banal chagrin d’amour. Et comme dans tout mal il y a un bien, la douleur était alors telle que je n’avais plus aucune peur de quitter mes amis, ma famille, mon confort.

Ce qui va suivre est la retranscription du carnet de route que j’ai tenu lors de mon périple jusqu’à Dresde, en Allemagne. Je suis parti avec quelques points de chute en tête mais les objectifs avaient au départ bien moins d’importance que la force qui m’a poussé pendant un mois et demi dans cette fuite en avant.

Dans ce qui va suivre, le contenu de mon carnet de route sera écrit comme ceci, sans être retravaillé, avec les fautes d’origine (sauf les plus grosses :-) ), et les annotations rajoutées pour votre compréhension seront en italique. J’espère pouvoir vous transmettre ce voyage aussi bien intérieur que sous le soleil de ce bel été 2006 de la manière dont je l’ai vécu. En route pour la Neustadt !

Prologue

Lundi 3 juillet 2006 00:38, La Roche sur Yon.

Je passe mes dernières heures devant l’ordinateur avant un long moment. L’heure du départ approche.

Je voulais partir par colère, par envie de tout laisser derrière, tout le monde. Mais aujourd’hui, je ne me sens plus autant poussé vers l’aventure, peut-être parce que la peur de rester s’est rabaissée au niveau de la peur de partir, ou l’inverse. Ce qui est sur, c’est que rien ne me retient à La Roche. Et le fait que Flo ne semble pas mesurer les conséquences de mon départ ne me donne plus envie de rester pour elle.

J’ai vraiment l’impression d’être nulle part. De retour à La Roche, je n’y retrouve plus que ma famille. J’y rejoins Flo aussi. Donc uniquement ma famille … Dans trois jours, je serais vraiment nulle part. Injoignable par téléphone, personne ne saura exactement où je suis, et sans être au courant de ce qu’il advient de moi, je n’existerai plus au travers des autres. Livré à moi-même, mon existence ne relèvera que de mes actes et de mes pensées et pas de la perception qu’en ont mes proches.

j’ai l’impression d’écrire pour ne rien dire, juste histoire de passer le temps en attendant que le PC ait fini son boulot. Je crois aussi que je veux me familiariser avec ce nouveau cahier qui va me suivre durant ce périple. C’est peut-être aussi l’occasion de laisser quelques lignes qui me rattachent à La Roche. Mais c’est surement parce que je n’ai rien d’autre à faire à cet instant que j’écris. Ecrire, c’est parler à son ami imaginaire, à sa conscience, au monde. C’est se sentir moins seul.

Finalement, si je pars, c’est bien parce que cette solitude du voyage ne m’effraie pas plque que la solitude que je ressens ici. Pourquoi est-ce que j’aime tant Flo ?

Quand je serai parti, au moins il y aura surement moins de pensées tordues et plus de faits à raconter ici. Ou alors autant des deux et les nuits seront courtes. Une chose est sûre : je vais avoir chaud.

Première nuit

8 juillet 2006 20:22, Beaugency.

Ca fait deux jours que je suis parti et le voyage prend une toute autre tournure. Je pensais souffrir physiquement et moralement, mais les faits sont bien différents. Je suis allongé sur une couette au bord de la Loire, et quand je dis au bord, c’est à quelques mètres. Face à moi, j’ai le droit à un beau couché de soleil sur la ville (qui semble plus médiévale que renaissance).

Si j’ai le temps d’écrire ce soir, c’est que mes cinq compagnons sont partis travailler. Mais avant de raconter tout ça, je vais d’abord reprendre depuis le début.

J’ai quitté mon appartement, et Gaël par la même occasion, jeudi vers 15h. Je suis passé à l’office du tourisme à Nantes pour trouver le départ du GR3. A peine parti, je me suis acheté un flan au chocolat dans une patisserie, peut-être pour profiter une dernière fois au luxe qu’offrent les villes. Enfin surtout parce que j’avais faim en fait. J’ai filé qu’à l’endroit où se jette l’Erdre dans la Loire et j’ai trouvé le départ de mon chemin.

Gaël et moi jouions à l’époque dans le même groupe de rock, feu VoX :-p c’est toujours un ami proche et le deuxième auteur de ce blog.

La première partie n’était pas très passionnante : de la marche sur des trottoirs ou des chemins de cailloux entre la ville et le fleuve. Mais une fois sorti de Nantes, l’expédition est devenue plus rurale. J’ai longé Saint Luce où on découvre des sortes de bidonvilles faits de mobil-homes, de cabanes en bois et de rottweilers dans les jardins, la banlieue nantaise à son paroxysme en somme. Et pour ajouter au dépaysement, quelques carcasses de voitures, calcinées ou non, agrémentent le paysage trop vert pour la métropole. Cependant, le décor revient au propre après Sainte Luce, et de Thouaré à Mauves sur Loire, les chemins et les pistes se succèdent inlassablement. Tout comme se sont succédées les averses et les éclaircies. A part les jambes, j’ai réussi à rester au sec sous mon poncho, et heureusement, je n’aurai pas voulu me coucher trempé.

Mon objectif pour cette première journée était d’atteindre Mauves. Sur les panneaux, le parcours indique 13,5km. En comptant le départ de Commerce (la place du commerce dans le centre ville de Nantes), ça doit bien m’amener à 15km, ce qui me semblait un bon début pour une première demi-journée. Arrivé à Mauves, j’ai décidé de trouver un coin où manger, et vu le temps incertain, sous le pont traversant la Loire me semblait la meilleure idée. Mon premier repas à commencé au saucisson, et au moment de penser à me faire du riz, j’ai pris conscience que le reste de la bouffe était dans le fond du sac. Mauvaise organisation. Il devait être entre 19h et 20h ou peut-être un peu plus. Il s’avérait plutôt judicieux de trouver un coin où dormir et où déballer le sac pour finir de manger. C’était un premier cap car la carte du GR3 que j’avais récupéré à l’office du tourisme s’arrêtait à Mauves. Je partais donc enfin pour l’inconnu. Je me suis alors engagé sur la suite du sentier, suivant les balises blanches et rouges du GR pour un putain de trajet entre la voie-ferrée Nantes-Angers et une haie épaisse m’empêchant d’aller camper dans les champs. J’avais déjà les pieds en feu depuis Thouaré et une ampoule avérée. Après quelques interminables kilomètres, je suis enfin arrivé sur un petit terrain plus dégagé. Toujours les rails à gauche, mais un étang et des champs à ma droite. Face à moi, le chemin se transformait en une petite route pavée qui montait jusqu’au passage à niveau du Cellier. A vu de nez, j’avais du faire près de 20km et je n’en ferais pas un de plus. Je me suis arrêté au bord de cette route sur une petite terrasse en herbe de quelques mètres, surplombant l’étang et les champs en contrebas.

Il m’aura fallu remplir deux fois mon réchaud à alcool pour réussir à faire cuire mon riz, avec pour seuls accompagnements un peu de sel et un cube de bouillon. Pour l’anecdote, mon réchaud est fabriqué à partir d’une canette de coca en suivant des plans trouvés sur le net (http://www.randonner-leger.org/wiki/doku.php?id=p3rs). Le rendement est pas si mal vu la simplicité de l’outil.

Après une tisane en guise de dessert, je me suis occupé du montage de la tente alors que la nuit commençait déjà à tomber. Mais ce qui devait me prendre dix minutes a pris près d’une heure car le sol était pourri. Sous les trois ou quatre centimètres de terre molle et trempée, il y avait de la pierre et rien que de la pierre. En plantant les sardines parfois quasiment à l’horizontale et à l’aide d’un peu de paracorde, j’ai finalement réussi à faire tenir sommairement ma nouvelle maison de fortune. Il ne me restait plus qu’à prier qu’il ne pleuve pas.

Cette première nuit, il n’a pas plu.

La suite demain soir

Voyage ,

Shaka Ponk - Bad Porn Movie Trax Partagez cet article sur Facebook

par gawel 17/06/2009

bpmtStyle : Electro Punk Rock
Date de sortie : 25 Mai 2009

Deuxième Opus du groupe de Goz (Ce fameux singe virtuel sur la pochette qui chante et qui bouge la tête au rythme de la musique), faisant suite à Loco con da frenchy talkin’

Shaka Ponk est un groupe français, installé à Berlin, avec des titres en Anglais/Espagnol (et autres ersatz de langues), autrement dit, un groupe cosmopolite. Mais pas seulement, car on retrouve cette diversité dans leur style… Si on voulait le nommer ça ressemblerait à de l’electro punk rock avec des touches de tout et de rien (le mieux reste d’écouter pour s’en faire une idée)

Vous avez donc peut-être déjà entendu le titre How we kill stars sur les ondes FM ou à la télévision (ils sont passés récemment dans l’émission Taratata), premier single de cet album énergique.

J’avoue ne pas connaître beaucoup l’album précédent, à part quelques titres (donc l’excellent Hell’O), je vais difficilement pouvoir comparer (je l’écouterai surement afin de faire un edit de cette critique :-) ), de ce que j’en sais le nouvel LP s’inscrit dans la continuité du premier.

L’album nous plonge direct dans cet univers avec énergie, le titre Twisted Minda est d’une puissance assez efficace, et on a très vite affaire à cet intelligent mélange de guitares rock, d’un chant à la fois puissant et barré, et aux sons électro venant édulcorer le tout ! Et on traverse l’album avec d’autres titres donnant la pêche, comme Prima Scene, Some Guide ou Gotta Get Me High. Le single How we kill stars n’est pas en reste bien sûr…

Mais la bande de Goz ne se cantonne pas aux titres rock puissants, on a des morceaux aux tempos plus lents comme Mad O You, ou des titres tirant plus vers le Funk comme Sum’ Luv’, le reggae avec Alak’okan, ou encore Make it mine jouant plus sur les percussions que sur les grosses guitares. Le tout toujours en gardant une touche de rock.

L’album se termine sur un Just A Nerd au tempo rapide, venant fermer l’album,  mais je ne dirais pas qu’on ait gardé le meilleur pour la fin.

En résumé, on a ici un concentré éclectique d’énergie dans une galette, mêlant les grosses guitares, les beats électro, grosses batteries, et surtout le gros de ce qui fait Shaka Ponk, le(s) chant(s) de Goz, bourrée d’effets (parfois presque un peu trop ?).

Amateurs de rock, et envies de nouveau son, n’hésitez pas à écouter cet album (sur les plateformes légales bien sûr ;) ) ne serait-ce que pour vous faire une meilleure idée, une écoute vaut mieux qu’un texte !

Le CD apporte quant à lui comme plus le livret - très bien réalisé soit dit en passant, qui en plus des paroles des titres, donne pour certains morceaux des commentaires faits par le groupe.

A suivre : Le groupe est aussi à voir en live, car le visuel n’est pas délaissé, avec la présence de Goz sur grand écran !

La vidéo du single How We Kill Stars :

Musique ,

Les sacs Super U, pas si recyclables que ça Partagez cet article sur Facebook

par alf 17/06/2009

Juste un tout petit billet ce midi pour raconter une petite anecdote de la semaine dernière. Suite à mon déménagement de la colloc, j’ai hérité de quelques sacs Super U, les gros solides. Ils nous servaient à mettre le verre pour l’amener dans les containers et étaient donc passablement dégueulasses, de la bière, du vin et tout sorte de choses ayant coulé dedans. Je me suis dit que j’allais pas me faire chier et les ramener à Super U, qui dit les reprendre pour les échanger. La personne de l’accueil les regarde et me dit qu’ils ne reprennent que les sacs troués. Je lui ai demandé si elle les reprendrait si je faisais des trous dedans mais ça l’a laissée perplexe.

Finalement, face à son manque d’enthousiasme, je les ai jetés dans la poubelle à la sortie du magasin. Autant j’aime bien Super U pour leurs produits Bio, autant là ils me déçoivent. Et oui, j’aurai pu les nettoyer, mais j’avais pas le courage (fouettez moi !!) et surtout pas besoin d’autant de sacs.

Humeurs

Killswitch Engage au Bataclan \m/ Partagez cet article sur Facebook

par alf and gawel 15/06/2009

killswitch-engage-band1

Lieu : Le Bataclan, Paris
Date : 11/06/2009

Désolé pour cette absence un peu prolongée, mais un déménagement plus des déboires avec Free font que j’ai plus le net à la maison.

Ce petit article pour vous raconter le concert de KSE à Paris jeudi dernier que m’a offert Gawel pour mon anniversaire, MERCI encore ;-). Déjà, je commence par découvrir la queue à l’entrée de la salle. A nantes, on arrive 1/4h avant et on rentre à l’heure. Là, 1h30 avant le début du concert, le trottoir est déjà bondé sur plusieurs dizaines de mètres. Début de la première partie, Dir En Grey, vers 20h et nous n’avons pas regretté de nous être installé sur les balcons. 1h15 de métal-rock expérimental japonais, inaudible, mal sonorisé. Tout n’est qu’affaire de gout mais Dir En Grey, c’est aussi moche musicalement que visuellement. Un chanteur sans charisme habillé en Monsieur Mégot du Petit Spirou, un bassiste genre indochine/tokyo hotel et un public féminin émo un peu navrant. La jeunesse se perd :-p Hormis les ptites bagarres verbales entre les deux publics (des “ta gueule” ont fusé quelques fois), le concert s’est bien passé (mais bien trop long à supporter).

adamdArrive ensuite Killswitch Engage après le changement de plateau. La fosse s’était vidée et nous avons pu profiter du groupe d’assez près. Le gros son est de sorti, les morceaux toujours aussi clean et le jeu de scène toujours aussi pêchu. Adam, toujours aussi barré, court partout et nous lance comme premières paroles : “We are here to drink all your beer and pee on your girlfriends”. Sacré Adam, et je suis sûr que c’est un nounours dans la vie civile :-) On a eu le droit à My Curse, Bid Farewell, The Arms of Sorrow, Last Serenade, The End of Heartache … ainsi que Holy Diver (reprise présente sur l’édition spéciale de As Daylight Dies) et Starting Over, une chanson du prochain album sortant à la fin du mois. Dès les premiers morceaux, Killswitch nous a fait faire un grand cercle dans la foule qui s’est transformé en un gigantesque pogo. Il y a également eu un Braveheart :-) mais globalement, public métalleux très cool et pas méchant pour un sou.

Plus le concert avancait et plus ça headbangait, plus on se rapprochait et plus ca prenait aux tripes. On garde juste une impression de pas assez quand le concert s’est terminé après une heure de set. Ca m’a quand même donné une bonne occaz de sortir mon t-shirt KSE/Take This Oath et j’espère bien pouvoir recommencer smiley_metal

Et en bonus, un extrait du dvd live pour vous donner une idée de ce qu’on a vécu :

Live report ,

D’autres vies que la mienne Partagez cet article sur Facebook

par alf 16/04/2009

d_autres_vies_que_la_mienneAuteur: Emmanuel Carrère
Broché: 309 pages
Editeur : POL (5 mars 2009)
Collection : FICTION
Langue : Français
ISBN-10: 2846822506
ISBN-13: 978-2846822503

Régis m’a parlé de ce livre car il en avait lui-même entendu parler. Il m’a dit que ceux qui l’avaient lu avait été profondément touchés, bouleversés, qu’il provoquait une certaine destruction intérieure pour laisser place à la reconstruction. Ce livre est le témoignage d’Emmanuel Carrère sur deux événements qui l’ont touché : le tsunami et la mort de sa belle-sœur.

“D’autres vies que la mienne” nous parle de la mort, de la vie et de l’amour au travers de deux Juliette. La première meurt emportée par la vague au Sri Lanka alors qu’elle n’avait que quatre ans. La deuxième meurt d’un cancer, laissant derrière elle un mari et trois petites filles.

Emmanuel Carrère a ce don pour parler avec justesse, et vous l’apprendrez au fil de mes billets, je chéris la justesse. Chacun y trouvera sa part de vérité mais je vais vous raconter la mienne. L’auteur est un écrivain égocentrique, qui raconte deux histoires sans lien si ce n’est lui-même, la mort et sa métamorphose. Pourtant, il nous raconte avec humilité le courage de sa femme face au désastre du tsunami, lui restant là, penaud. Et puis, il nous transmet avec respect l’histoire de Juliette, sa belle-soeur, au travers du témoignage d’Etienne, un juge d’instance qui travaillait avec elle. Juliette et Etienne ont été de grands juges, à partir de cette affirmation, nous plongeons dans ce que la vie a offert à des gens cassés par la maladie. On flotte au milieu de l’amour entre des hommes et des femmes, entres des parents et leurs enfants, et sur la complicité entre deux collègues.

D’un thème qui pourrait glisser vers le glauque, la mort, on nage dans la beauté des relations humaines, de l’hédonisme et de la vérité dite avec justesse. Les larmes montent aux yeux à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’on ne les retienne plus. Sans honte, on pleure de douleur et d’émerveillement en même temps. On se sent mal et bien à la fois et on espère que finalement, l’heure venue, on mourra aimer comme ces gens-là l’ont été.

Des avis et un extrait sont disponibles sur le site de l’éditeur.

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