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Articles taggués ‘adaptation’

La vague

par gawel 14/04/2009

lavague Film Allemand réalisé par Dennis Gansel
Titre original : Die Welle
Avec : Jürgen Wogel, Frederick Lau
Genre : Drame

Année de sortie : 2009

Dans le cadre d’un cours sur les sociétés, le professeur Rainer Wenger a choisi d’étudier le système autocratique. Il propose alors à ses élèves une démonstration par la pratique, dans une expérience grandeur nature de création d’un régime autocratique. Le but étant de répondre à une question : Une nouvelle dictature serait-elle possible dans l’Allemagne d’aujourd’hui ?

Une expérience vraie

Ce scénario prend son inspiration dans une expérience qui a été bien réelle : La Troisième Vague. Cette expérience a elle eu lieu aux États-Unis en Avril 1967, alors que les élèves du professeur Ron Jones se demandaient comment avait pu naître le régime nazi.

Cette expérience n’ayant laissé que très peu de preuves de son existence, on ne peut que supposer son déroulement. Bien que Ron Jones ait décrit plus tard son expérience, il se peut qu’il ait modifié les faits et beaucoup de doutes demeurent sur ce sujet.

Un contexte différent

Le film prenant place dans l’Allemagne moderne, ajoute un contexte particulier à cette expérience, et répond à une autre question. Si aujourd’hui l’Allemagne est peu fière de son passé, elle tend peut-être à se laisser aller à la lassitude sur la question de la dictature. “On connaît nos erreurs, ça ne se reproduirait pas aujourd’hui”. Mais est-ce aussi simple ?

En quelques jours, le professeur Rainer (ou Herr Wenger) réussit à mettre en place un système autocratique. En mettant en place une discipline (pour la prise de parole, la tenue, …) et une communauté. “La force par la discipline” d’abord, “La force par l’action” ensuite, qui permet aux élèves de se retrouver à créer pour la communauté… Puis à agir. Jusqu’à ce qu’on en arrive aux dérives d’un tel système alors devenu incontrôlable.

L’expérience montrera alors qu’on n’est peut-être pas aussi vigilant que l’on pense. Même si globalement cette histoire n’est que fiction - puisqu’elle sort l’expérience initiale de son contexte - elle a au moins le mérite de poser de bonnes questions. Sommes-nous certains que le pire est passé ?

L’oeuvre quant à elle est bien réalisée bien qu’usant de certains raccourcis un peu faciles. Les acteurs sont bons, et le film utilisant que très peu d’effets, fait montre d’un certain réalisme. Mais on ignore (subjectivité volontaire ?) comment la “Vague” atteint un si grand nombre de personnes alors qu’à la base stigmatisée (on pourrait croire à une lobotomisation), et surtout comment elle en arrive à sortir du contexte écolier pour atteindre certains extrêmes en dehors de l’établissement. Difficile de savoir si ça se passerait dans la réalité, comme décrit dans le film.

Quoi qu’il en soit, La Vague amène à réfléchir, sur la maléabilité de l’esprit (surtout adolescent) et sur notre attachement à la Liberté.

Les expériences psychologiques

La (Troisième) Vague n’est pas la seule expérience psychologique à avoir eu lieu. On peut notamment citer l’Experience de Stanford, mettant en scène des personnes lambda dans des rôles de gardiens/prisonniers. Cette expérience a elle aussi été adaptée au cinéma (dans une production allemande également).

Il y a également eu l’Experience de Milgram étudiant les (ré)actions de personnes soumises à l’autorité et permet de savoir jusqu’où celles-ci sont prêtes à aller.

Quelle sera la prochaine ?

Petit conseil : A voir en VO.

Cinéma, Société , , ,

Bataille à Seattle

par alf 21/02/2009

bataille_a_seattle

Vendredi soir, glandouille à la maison, les filles sont parties, il ne reste que mon colocatataire. On décide donc de regarder Bataille à Seattle.

Ce film est une fiction basée sur les faits s’étant déroulés lors du sommet de l’OMC en 1999 à Seattle, et 10 ans après, ça tombe pas mal de faire un point (le film est de 2008). Le ton est globalement pro-alter-mondialiste mais le réalisateur (Stuart Townsend) se place à tous les points de vue : manifestants, police, pouvoirs publics, ONG et gouvernements de pays du tiers monde prenant part aux débats de l’OMC, média. Même si orientée, l’histoire n’est pas manichéenne à la sauce américaine, on imagine bien la merde dans laquelle est le maire et la tension que doivent gérer les flics.

Coté ONG, on suit un représentant de Médecin Sans Frontière qui veut expliquer à tous les dirigeants de ce bas monde que la recherche du profit ne devrait pas entraver l’accès aux médicaments dans les pays du tiers monde. Il se retrouve à parler à un mur et on comprend pourquoi la situation ne change pas depuis (ou on ne comprend pas, c’est au choix).

Concernant le maire de Seattle, on s’aperçoit vite de la galère dans laquelle il se fourre dès le départ : vouloir laisser la paroles à des dizaines de milliers de manifestants pacifistes et éviter tout débordement. Forcément, les manifestants paralysent la ville et des casseurs commencent à faire dégénérer la situation si bien que la police rentre en action.

La police est peut-être la plus violemment dépeinte. Dès que leur laisse est lâchée, les flics tabassent et gazent à tout-va, arrachant les masques des manifestants pour ne pas en laisser un s’en tirer indemne. Seul un des policiers est montré comme une brute avec des sentiments (de la à dire avec un cerveau, le film ne le laisse pas entendre).

Le film aborde aussi la désinformation constante quand la majorité des média est détenue par des sociétés cibles des manifestations. 20 000 manifestants pacifistes empêchant des débats d’avoir lieu sont effacés simplement par une poignée de casseurs qui prennent la place dans l’actualité.

Finalement, la vision des manifestants m’a laissé un peu le cul entre deux chaises. Ils sont si petits face à l’OMC et pourtant si combatifs. On les plaint dans leur combat perdu d’avance et en même temps, on les envie dans leur abnégation. Convictions et doutes qu’ils ressentent eux-mêmes tout au long du film. Et puis finalement, petit à petit, ils arrivent à agir, leur coup d’épée n’atterrit pas dans l’eau.

Même si le sommet de l’OMC n’est pas retracé objectivement, même si c’est un film, même si en lui-même, il n’apporte qu’une petite pierre au combat pour la liberté d’expression et l’alter-mondialisme, c’est encore une de ces petites choses qui vous remuent, qui vous donnent la bougeotte, qui s’ajoutent aux autres petits trucs qui énervent en ce moment, qui me donnent envie d’écrire un article en attendant de retourner le monde dans le bon sens !

Cinéma, Humeurs