Facebook m’a tuer (sic)
Aujourd’hui j’ai décidé de me séparer de Facebook…
Tout le monde connaît Facebook
Evidemment, le plus gros réseau social mondial avec ses plus de 175 millions d’utilisateurs actifs, une moyenne de 120 amis par personnes et 4 millions d’utilisateurs français (ce qui en fait le 2e réseau social national, derrière Copains d’Avant), si vous n’y êtes pas vous même, vous connaissez forcément quelqu’un qui est “sur Facebook”.
Et si vous êtes de ceux qui n’y sont pas inscrits, vos amis n’hésiteront pas à vous accompagner dans une démarche d’intégration à leur réseau d’amis, à grand coups d’E-Mails d’invitation, de groupes de soutien pour que vous vous y inscriviez, etc.
Facebook fait partie du quotidien à un tel point que les humoristes en parlent, comme ils parlent de la vie courante (Gad Elmaleh, Jérome Commandeur, etc.)
Mais Facebook ça sert à quoi ?
A la base, Mark Zuckerberg a créé ce site pour l’université d’Harvard. Comme son nom l’indique, il s’agissait d’un annuaire en ligne avec photos des étudiants de la prestigieuse université. Ouvert au public depuis 2006, le site a vu une popularité grandissante et son réseau croître de manière exponentielle.
Ce qu’on y fait ? On retrouve ses anciens camarades perdus, on affiche nos goûts et tendances en appartenant à des groupes - qui pour certains permet également d’afficher sa naïveté, cf. “Pour savoir qui est ton âme soeur, rejoins ce groupe”, et beaucoup d’autres qui ne sont pas sans rappeler nos bonnes vieilles chaînes mail -, on partage des photos et des vidéos en y “taggant” ses amis, on organise des évènements, on devient fan d’artistes, de bières, d’émissions, on “poke” des inconnus, on joue… Bref, Facebook est un lieu de vie à part entière.
En sachant que tout ce qu’on y fait est lié à d’autres pages, cela en fait une toile très complète, ce qui permet facilement de retrouver qui a fait quoi, où, avec qui, autant sur le site que IRL (In Real Life). Le point fort est la centralisation, le pari est tenu que si toutes les informations sur ses amis (ce qu’ils font, ce qu’ils pensent, etc.) sont réunies en un seul endroit, il leur sera alors inutile de visiter d’autres sites.
Du côté de l’entreprise Facebook, ce site permet surtout de récolter un maximum d’informations personnelles sur les inscrits. Le but premier étant bien évidemment de cibler au maximum la publicité sur Internet en fonctions de ces données.
Parce que bien sûr, tout ce que vous y faîtes ou postez devient la propriété du site puisque sur leurs serveurs, ce qui a valu un fort sentiment d’insécurité des données pour les utilisateurs. Rassurez-vous, depuis Facebook a fait un pas en arrière, et il est désormais beaucoup plus facile d’en supprimer ses données.
Pourquoi en sortir ?
FB est un peu un “monde merveilleux”. Exit les conflits, si on n’aime pas une personne il suffit de ne pas l’ajouter à ses amis ou de l’en supprimer. Dans FB tout le monde y va de son petit commentaire, si possible positif. Pour preuve l’unique possibilité de pouvoir “aimer” ce qu’un ami a posté, le lien “J’aime pas” n’existant pas. Tout est fait pour rendre agréable votre expérience Facebook, pour vous donner l’impression que ce que vous postez est bien (puisqu’on n’a encore quasiment que des avis positifs). On a parfois l’impression aussi d’être la source d’information de ses amis, tout simplement l’impression d’être quelqu’un. Et si IRL il est parfois difficile de se faire des amis, sur FB on atteint assez facilement la centaine d’amis !
Et pourtant on compte de très nombreux départs ou désirs de départs, à en juger par les résultats d’une simple requête Google.
Alors pourquoi sortir de ce pays des merveilles ? Pour plusieurs raisons possibles, et Facebook le sait très bien puisque lorsque vous voulez désactiver votre compte, le site vous demande de choisir dans une liste quelle raison aurait motivé votre départ.

Et bien évidemment, FB ne vous laissera pas partir comme ça. Cochez “Je ne sais pas me servir de ce site”, et un message s’affichera expliquant que “dans ce cas, vous pouvez consulter l’aide en ligne”. Et le site a une réponse toute faite pour chacune des raisons éventuelles !
La plupart des départs envisagés, témoignent visiblement d’un désir de récupérer sa vie privée, et de ne pas voir son “profil” vendu comme on vend de la viande sur le marché.
(…) Et qu’un profil ne se vend pas comme une brique de lait. Et que les rencontres, souvent, ne sont belles que lorsqu’elles ne sont pas virtuelles. Alors, Révolutionnaire, si tu veux lutter, peinard, en charentaises, ne crée pas de profil sur Facebook. Si tu en as un, supprime-le.
Extrait de la Révolution en Charentaises
Le départ effectif
Pour ma part, et contrairement à beaucoup de ceux qui quittent le site, je n’ai pas voulu partir pour protéger ma vie privée (je ferai surement un billet plus tard concernant ce point). J’ai voulu quitter FB parce que j’y passais beaucoup (trop) de temps. Ce site est assez addictif dès lors qu’on commence à y être un peu actif. Lorsque j’ai coché cette raison, Facebook s’est empressé de me proposer de modifier mes notifications par mail pour en recevoir moins, et ainsi peut-être me connecter moins souvent sur le site… Mais de toutes façons ma décision était prise.
J’ai donc désactivé mon compte… Mais en quoi ça consiste ? Du point de vue des utilisateurs restant sur Facebook, ils n’ont tout simplement plus accès à votre profil, les liens sur vos commentaires et posts précédents, s’ils ne sont pas cachés, n’existent plus. Vous êtes un fantôme. 
Du point de vue de celui qui désactive son compte, ça ne change pas grand chose. En très gros, ça équivaut à se déconnecter du site. Pour réactiver votre compte il vous suffit de vous connecter une fois avec vos identifiants, comme si votre compte n’était pas désactivé. Dès que vous vous êtes connecté à nouveau, tout est là, comme si vous n’étiez jamais parti. Il est donc très facile de replonger…
Finalement, se déconnecter de Facebook alors que tous ses amis y sont encore, c’est presque comme être l’un des premiers à quitter une soirée où tout le monde s’amuse. On a parfois cette impression qu’on risque de manquer quelque chose, de ne plus être dans le coup, de se faire oublier. Et puis ça passe…
Et on se rend compte finalement que pour un gros utilisateur de ce réseau social, bien que s’en défaire peut donner l’impression de manquer (de) quelque chose, au final on y gagne du temps (par exemple, pour écrire un article expliquant mon départ de ce même site).
Un retour ?
Car je n’ai que désactivé mon compte Facebook, il me sera très facile de revenir. Pour m’en empêcher totalement il eût fallu que je supprime complètement mon compte. Mais je ne le ferai pas…
Pas que je sache que je replongerai très vite dans FB, mais surtout que Facebook peut aussi s’avérer pratique sur certains points. Notamment en ce qui concerne la promotion, qu’elle soit d’un blog (Bordel Ambiant ?), d’un groupe ou d’autres créations diverses, qu’elles soient personnelles ou non. Il s’agit ici d’un des meilleurs vecteurs de communication moderne.
Alors qui sait ? Surement reviendrai-je sur Facebook pour une utilisation beaucoup plus modérée, mais surtout beaucoup plus axée sur l’utilisation du networking pour la promotion, que pour y raconter ma vie… J’ai déjà un blog pour ça !