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Mythos Dresden - Acte 4

par alf 26/06/2009

Cet article fait suite à la troisième partie.

Les retrouvailles avec les Spaghetti Eis

23 juillet 2006 11:30, Limburg

Putain, j’ai réussi à mal dormir, c’est chiant. Je reprends.

Alors jeudi matin, j’ai mis du temps à décoller, j’ai du partir vers 10h30. J’ai marché le long de la route jusqu’à Remich où je me suis posé sur un banc, au bord de la Moselle. Les pieds en feu après 12km, c’est avec plaisir que j’ai retiré mes chaussures.

Il y avait trois ou quatre bancs, mais les deux petites vieilles ont trouvé le moyen de venir s’installer à coté de moi. Au bout d’un petit moment, je me suis décidé à m’offrir un vrai repas avant de traverser le pont qui m’amènerai en Allemagne.

Je me suis installé à la terrasse d’une boulangerie/sandwicherie et je me suis pris un panini puis une glace. Il y a des fois où il faut se faire plaisir. Un vieux Luxo m’a fait la conversation pendant le repas. Il était très gentil et m’a assuré qu’avec mon sac sur le dos, je serais l’ami des allemands.

Après être passé à la pharmacie et avoir blindé mes pieds avec des pansements et de l’elasto, j’ai emprunté le pont qui traverse la Moselle. Au moment où j’ai croisé le panneau indiquant “Bundes-Republik-Deutschland”, mon cœur s’est accéléré et j’ai senti l’euphorie me gagner. J’étais dans un pays réellement étranger, plus que le Luxembourg car non francophone.

Chaque panneau, chaque enseigne étaient pour moi des symboles de mon aventure. En France, seule la campagne représentait l’aventure, mais là, tout m’était étranger. J’ai alors marché le long de la route, sans savoir où j’allais, juste en suivant ma boussole. Lorsque j’ai trouvé un chemin menant dans les bois direction nord-est, je l’ai pris avec la joie de me retrouver à l’ombre. J’ai alors crapahuté dans la forêt et dans les champs pendant une bonne demi-heure avant de me retrouver sur des petites routes de campagne. L’ombre était rare et mes réserves d’eau diminuaient. J’ai continué à souffrir jusqu’au premier petit village que j’ai trouvé : Kirf. Je me suis posé sur les marches d’un monument aux morts de 39-45 où j’ai pu m’aérer les pieds. Ca m’a fait bizarre de voir ce monument., car  la signification qu’il possède et le symbole qu’il représente peut être tout autre ici. La question reste pour l’instant sans réponse.

Lorsque j’ai vu une dame sortir de chez elle pour arroser ses fleurs, j’ai prix mon pauvre allemand à deux mains et je lui ai demandé de l’eau. Nous avons un petit peu discuté, tant bien que mal, et elle m’a dit que sa fille parlait français mais qu’elle n’était pas là.

Avec mes gourdes à nouveau pleines, j’ai pu me faire ce délicieux repas qu’est le riz avec un cube de bouillon de poule puis la dame est revenue avec sa fille qui venait de rentrer.

Elle m’a expliqué en français qu’elle travaillait à l’union européenne; au Luxembourg. Je lui ai expliqué mon périple. Lorsqu’elles m’ont demandé ce que je faisais après, si je restais encore quelques minutes, j’ai peut-être raté une invitation en disant que je repartais après manger.

Une fois ma petite vaisselle faite, je me suis remis en route vers Trassem. J’ai trouvé un chemin qui longeait la route à travers les champs puis j’ai marché au bord de la route jusqu’à un chemin qui partait dans une forêt. Je me suis alors enfoncé dedans pour planter la tente. La nuit est vite tombée, surtout à l’ombre des arbres, et j’ai eu du mal à fini de monter la tente dans ce sol très mou et tapissé de feuilles.

Lorsque je me suis couché, la peur qui commençait à me gagner s’est confirmée. Un scarabée grattait les feuilles et , pire que le papillon à Troyes, il faisait autant de bruit qu’un renard essayant de rentrer dans ma tente. Je pensais que la forêt serait plus un havre de paix que les abords de la ville mais le silence amplifie le moindre bruit. Autant le bruit des voitures m’est familier, autant la musique de la nature l’était bien moins que je pensais.

C’est avec joie que j’ai accueilli le soleil le lendemain matin. Il ne m’avait pourtant pas empêché de dormir jusqu’à 9h. Je me suis doucement remis en route vers Trassem, à 3km de là.

Arrivé à Trassem, j’ai acheté de quoi petit déjeuner à la boulangerie puis j’ai cousu sur mon sac le petit drapeau français que j’avais trouvé la veille dans l’herbe au bord de la route.

J’ai demandé de l’eau à un riverain qui nettoyait sa voiture et il m’a dit qu’il y avait beaucoup de français sur la route ici à cause de la garnison française de Saarburg. Cette deuxième rencontre avec les allemands s’est avérée tout aussi agréable que la première.

SaarburgJ’ai marché sous le cagnard jusquà Saarburg où j’ai décidé de prendre mon temps. J’ai mangé sur un parking au bord de la route avant d’entrer dans la ville. Je me suis ensuite assis à l’ombre au bord de la Saar, je suppose, et je n’ai pas résisté à ma première Spaghetti Eis depuis 9 ans.

La Spaghetti Eis est tout simplement une glace à la vanille en forme de spaghetti avec du coulis de fraise et des copeaux de chocolat blanc.  J’avais découvert ça à Hanovre en voyage scolaire quand j’étais en 4e.

Je me suis remis en route vers 16h et après une route bien chiante entre une rambarde de sécurité et des buissons, j’ai trouvé la garnison française, justement sur la route de Hermeskeil.

J’ai alors été pris en stop par un allemand sympa qui m’a déposé à Zerf. Là, j’ai acheté mon gouté et un coca à la boulangerie du village et j’ai été confronté à une question à la con du genre : “pâte feuilletée ou pâte brisée ?” Mais qu’et ce que j’en sais moi ? Je comprends rien.

Puis tranquillement en train de fumer une clope au bord de la fontaine, un petit vieux moitié sénile a commencé à me parler à chaque fois qu’il venait remplir son arrosoir. Pas compris grand chose mais il a du me dire que je comprenais pourtant surement “baiser” et “aimer” ou “vivre”. Peut-être que je fabule, mais c’était tout de même marrant.

Ensuite, un couple de jeunes de guère plus de 20 ans m’a déposé 5 ou 6 km plus loin, au milieu de nulle part. Je sais pas si c’était mon affaire, ceci-dit, il y avait des forêts où dormir au cas où. Mais finalement, une dame m’a pris et a voulu m’avancer un peu. Mais elle m’a amené jusqu’à Hermeskeil après m’avoir dit que l’accent français était très beau. Je crois qu’elle me draguait.

A Hermeskeil, je commençais à avoir clairement envie de chier (désolé la censure a pas bien travaillé :-p), mais il valait mieux que je mange d’abord et que je fasse le plein d’eau.

Alors que j’étais en train de ranger ma popote sur un parking, deux gentilles petites vieilles ont entamé la conversation et m’ont donné 3€. Le don généreux m’a poussé à choisir l’auberge de jeunesse, que j’avais pourtant exclus jusqu’à maintenant. J’avais mal au ventre, au crâne et un gros besoin d’une douche.

A 16,5€ la nuit et le petit dej’, j’avais vraiment craqué pour le luxe ! Après m’être lavé, j’ai déambulé dans les rues puis j’ai pris un coca sur une terrasse. Une fois rentré, je pensais dormir d’une traite jusqu’au petit dej’ vers 8h, mais la douleur de mes pieds m’a réveillé au beau milieu de la nuit. Moi qui pensait avoir une nuit réparatrice, c’était raté. En plus, il fallait que je quitte la chambre à 9h30 mais j’ai obtenu une rallonge jusqu’à 10h.

Die Lorelei

St Goar, Vallée du RhinJ’ai tenté le stop à la sortie d’Hermeskeil mais je ne le sentais pas. J’ai donc marché 3km jusqu’à la route de Morbach. Là, j’ai été pris et déposé quelques kilomètres plus loin. Après plus d’une demi-heure d’attente et avoir retourné mon sac pour cacher mon drapeau français, un gentil père de famille m’a pris. Il y avait aussi son fils il me semble et une amie de son fils. Il m’a dit qu’il avançait au-dessus de Mainz, ce qui était plus que bien. On a alors roulé un moment, faisant une pause à Simmern où il m’a offert le mac-do puis nous sommes allés jusqu’à Herold je crois pour déposer Clara chez ses parents. Nous avons du traverser le Rhin par le bac, c’était marrant et surtout la région était magnifique.

Il m’a également raconté la légende de la Lorelei : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_de_la_Lorelei qui illustre très bien la beauté de la vallée du Rhin.

Nous avons passé plus d’une heure chez Clara, le gentil père de famille, dont j’ignore le nom, s’étant remis à table en arrivant (vers 16h ou 17h).

Alors que l’orage montait, j’ai appelé quelques campings en France pour la famille allemande puis nous sommes repartis.

Il m’a alors déposé sur la route de Limburg, à environ 20km, sous une pluie battante. J’ai alors attendu un moment sous un abris-bus avant de me décider à manger en attendant une éclaircie.

Malgré peu d’espoir, un gentil monsieur m’a pris et amené jusqu’au centre de Limburg. Les allemands n’hésitent pas à faire quelques kilomètres de plus pour m’arranger. Sie sind wirklich net.

Je me suis alors posé sur une place, en plein dans la vieille ville. J’étais fatigué et prêt à beaucoup de choses pour dormir sous un toit. Après avoir fumé quelques cigarettes et envoyé quelques textos, je me suis décidé à aller dans la Weinhaus à coté. Mes souvenirs du bar à vin à Rome étaient ceux d’un lieu accueillant, amical. J’en avais besoin.

La suite demain où vous rencontrerez Nicole et bien d’autres personnes.

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